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Processus de paix en RDC : les femmes exigent une participation effective aux négociations

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Annie Matundu, experte dans la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l'ONU, lors de cette activité [photo d'illustration]
Annie Matundu, experte dans la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l'ONU, lors de cette activité [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

Au cœur des enjeux sécuritaires qui traversent la République démocratique du Congo, la place réservée aux femmes dans les négociations reste une question cruciale.

C’est à l’occasion du lancement officiel du Forum national des femmes pour la paix durable et inclusive, organisé ce mardi dans la capitale congolaise, que plusieurs acteurs de la société civile et experts du secteur sont revenus sur la nécessité absolue d’intégrer pleinement les femmes dans le processus de pacification.

Ce rassemblement majeur, qui réunit divers acteurs de la vie sociopolitique à Kinshasa, entend poser des bases solides pour redéfinir la participation féminine. L’objectif principal de cette initiative est de faire émerger des stratégies concrètes afin que les revendications portées par les Congolaises ne soient plus de simples propositions informelles, mais de véritables leviers politiques au sein des instances de concertation.

Parmi les axes prioritaires identifiés lors des premiers échanges figure en bonne place le renforcement des capacités des intervenantes. Les participantes ont fermement préconisé un renforcement systématique des compétences des femmes appelées à prendre part aux différentes tables de dialogue pour la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national.

Cette démarche d’apprentissage et d’outillage technique vise à préparer adéquatement les déléguées face aux exigences et à la complexité des négociations politiques et sécuritaires. Il s’agit de leur donner les moyens conceptuels et stratégiques nécessaires pour défendre efficacement leurs positions et influer directement sur les décisions finales.

Prenant la parole lors des travaux, Annie Matundu, experte dans la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, a dressé un constat sans détour sur la situation actuelle. Elle a vivement regretté l’absence persistante d’un cadre formel consacrant le rôle des femmes, soulignant que cette intégration n’était toujours pas ancrée dans les pratiques institutionnelles du pays.

Face à cette carence, l’intervenante a appelé à une véritable institutionnalisation de la participation féminine dans l’architecture de paix. Selon son analyse, seule une reconnaissance formelle et contraignante permettra de garantir une présence permanente et structurée des femmes aux différents niveaux décisionnels de la résolution des conflits.

Outre le cadre institutionnel, l’experte de l’ONU a insisté sur l’importance d’une préparation collective afin que l’ensemble des participantes parlent d’une seule et même voix lors des pourparlers. Elle a souligné que le renforcement des compétences devait permettre d’harmoniser les arguments et d’adopter un langage commun face aux autres acteurs de la médiation.

Cette convergence des positions s’avère indispensable pour élaborer un document de travail solide à l’issue du forum. L’objectif formulé est d’aboutir à un cahier des charges unifié, fondé sur des principes fondamentaux de cohésion et de dignité, capable de rassembler l’ensemble des mouvements féminins autour de revendications partagées.

Enfin, les discussions du forum ont mis en lumière la nécessité de reconnaître et de valoriser le savoir-faire technique des Congolaises en matière de prévention et de gestion des crises. Pour les organisateurs, l’implication des femmes ne doit plus être perçue comme un simple ajustement figuratif, mais comme un apport intellectuel et stratégique indispensable à la stabilité du pays.

Mardi 11 août 2026 - 15:56