Par Serge Mavungu
Longtemps annoncée comme une promesse d’électrification du Kasaï-Central, la centrale hydroélectrique de Mbombo entre désormais dans une phase concrète. Le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) et l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER) ont signé, ce vendredi 17 juillet 2026 à Kinshasa, un accord donnant naissance à la société « Hydro Mbombo SAS », chargée de la gestion de cette future infrastructure énergétique.
La cérémonie de signature s’est déroulée en présence des ministres des Ressources hydrauliques et Électricité ainsi que de l’Entrepreneuriat, assurant l’intérim du ministère de l’Industrie. Ce partenariat marque une nouvelle étape dans la concrétisation du projet destiné à renforcer l’accès à l’électricité dans le Kasaï-Central.
Située sur la rivière Lulua, à environ 15 kilomètres de Kananga, la centrale de Mbombo ambitionne de devenir un levier majeur de développement économique et social dans cette partie du pays. Avec une capacité prévue de 20 mégawatts, l’ouvrage devrait permettre d’améliorer considérablement l’approvisionnement en énergie d’une province où le taux d’électrification demeure encore inférieur à 1%.
Pour le directeur général du FPI, Hervé Claude Batukonke, Mbombo dépasse la simple production d’électricité.
"C’est un projet à vocation industrielle et sociale" , a-t-il indiqué, soulignant son potentiel pour stimuler les activités économiques locales.
Le chantier prévoit la construction du barrage hydroélectrique, d’une base-vie, des voies d’accès ainsi que de l’ensemble du réseau nécessaire à l’acheminement de l’énergie vers Kananga et ses environs, notamment les lignes de transport, les postes électriques et les stations de distribution.
Au-delà de l’alimentation des ménages, la centrale devrait répondre aux besoins des artisans et des opérateurs économiques, tout en favorisant l’implantation des industries et des unités agroalimentaires dans le Grand Kasaï.
Sur le terrain, les préparatifs avancent. Les études de faisabilité financées par l’ANSER sont en phase d’achèvement. En janvier 2025, le gouverneur du Kasaï-Central, Moïse Kambulu, avait procédé à la remise du droit de terre aux chefs coutumiers du village Tshibambula afin de faciliter le lancement des travaux préparatoires dans le respect des considérations traditionnelles. La route d’accès au site est également en cours d’aménagement.
Le financement du projet repose sur un montage associant plusieurs partenaires. Le FPI apporte une contribution importante, tandis que des discussions sont engagées avec une banque commerciale pour mobiliser des ressources supplémentaires nécessaires à la réalisation des différentes composantes de l’ouvrage.
De son côté, l’ANSER compte sur l’intérêt des investisseurs attirés par la disponibilité future d’une énergie fiable pour accompagner la transformation économique de la région.
D'après les prévisions, la centrale pourrait injecter ses premiers mégawatts dans le réseau dans un délai de deux ans. Les autorités espèrent que Mbombo favorisera la création d’emplois, l’émergence de nouvelles activités économiques et le désenclavement progressif du Grand Kasaï.
Pour les habitants du Kasaï-Central, ce projet représente plus qu’une infrastructure énergétique : il incarne l’espoir d’une nouvelle dynamique de développement. La chute de Mbombo apparaît ainsi comme un véritable test de la nouvelle ambition énergétique de la République démocratique du Congo.