Par Denise Kyalwahi
À Idjwi, l’exploitation du gaz méthane du lac Kivu ne pourra pas se faire sans les populations riveraines. À travers le dialogue communautaire soutenu par l’AICED, les habitants ont exprimé une exigence claire : être informés, consultés et associés aux décisions concernant cette importante ressource naturelle.
Pour les communautés, l’enjeu dépasse les investissements et les retombées économiques annoncées. Il concerne avant tout la confiance. Celle-ci, estiment-elles, ne peut être imposée depuis Kinshasa ni se limiter à des mesures de compensation. Elle doit reposer sur la transparence, l’accès à l’information, la consultation et une véritable participation locale.

Le cahier des charges transmis au ministère des Hydrocarbures traduit cette volonté. Les communautés d’Idjwi souhaitent notamment que leurs préoccupations soient prises en compte avant le démarrage des activités d’exploitation.
Le message issu du processus de dialogue est ainsi sans ambiguïté : l’exploitation du gaz méthane peut contribuer au développement, mais elle ne doit pas se faire au détriment des populations qui vivent sur les rives du lac Kivu.
Pour les habitants d’Idjwi, le développement ne saurait être uniquement une affaire d’investisseurs et d’autorités publiques. Il doit également bénéficier aux communautés locales et garantir la protection de leur environnement et de leur avenir.
Avant même le début de l’exploitation, elles ont donc posé leurs exigences : information, participation, transparence et prise en compte de leurs intérêts. À Idjwi, les communautés ne veulent plus être spectatrices d’une richesse extraite de leur territoire. Elles entendent prendre part aux décisions qui détermineront l’avenir du gaz méthane du lac Kivu.