Par Denise Kyalwahi
Au moins 36 personnes sont hospitalisées dans le territoire de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo, après avoir consommé une pâte préparée avec une farine de manioc soupçonnée d'être contaminée, ont indiqué samedi des sources locales.
Les victimes sont prises en charge au centre de santé de Mambingi, dans la zone de santé de Kalunguta, selon ces sources.
L'affaire a débuté le 23 août après la mort d'un enfant d'environ dix ans, identifié comme Justin, qui aurait consommé la veille une pâte préparée avec la farine mise en cause.
Plusieurs personnes ayant participé aux funérailles de l'enfant à Visiki-Centre auraient ensuite consommé la même préparation et développé des symptômes d'intoxication.
Au total, quatre décès ont été rapportés depuis le début de l'incident. Trois membres d'une même famille seraient morts après avoir consommé la préparation. Une quatrième personne, Kasereka Matchetche, âgée, est décédée vendredi à l'Hôpital général de référence de Mabalako.
Les tests réalisés pour rechercher la maladie à virus Ebola se seraient révélés négatifs chez les personnes décédées et chez les patients hospitalisés, selon les forces vives de la société civile.
La cause exacte de l'intoxication n'a toutefois pas encore été établie.
Les représentants de la société civile demandent aux services compétents de procéder à des analyses de la farine et des aliments concernés afin de déterminer la présence éventuelle de substances toxiques.
Deux suspects recherchés
Deux hommes soupçonnés d'être impliqués dans cette affaire auraient été arrêtés jeudi par des jeunes de Visiki-Centre. Ils auraient reconnu, selon des sources locales, avoir empoisonné un étalage de manioc à Kitholu.
Après leur arrestation, ils auraient été présentés à une autorité locale avant de parvenir à s'évader dans la nuit.
Cette évasion a provoqué des tensions à Visiki, où des jeunes se sont rassemblés vendredi soir. Certains auraient également tenté de récupérer le corps de Kasereka Matchetche, décédé à Mabalako, pour le ramener dans la localité.
La situation faisait craindre samedi des actes de justice populaire, selon les mêmes sources.
Le président des forces vives de la société civile de Visiki-Mambombo, Tufurayi Musanzi, qui aurait participé aux démarches visant à éviter une justice populaire contre les suspects, se serait réfugié dans la clandestinité par crainte pour sa sécurité.
Les forces vives demandent aux autorités de renforcer la sécurité lors des obsèques de Kasereka Matchetche, prévues samedi à Visiki, et de protéger les personnes menacées dans le cadre de cette affaire.
Elles appellent également à une enquête permettant d'établir les circonstances exactes de l'intoxication et des décès.