Par Patrick Kitoko
L'intersyndicale des syndicats des enseignants du ministère de l'Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté appelle les enseignants à reprendre les cours dès le mardi 1er septembre 2026, tout en mettant le gouvernement en garde contre de nouvelles actions syndicales en cas de non-respect de ses engagements.
Réunie ce samedi 29 août en assemblée générale d'évaluation, l'intersyndicale a passé en revue les engagements pris par le gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre des résolutions issues de la commission paritaire gouvernement-banc syndical de l'Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté. Plusieurs dossiers étaient au cœur des discussions, notamment l'amélioration des conditions de travail des enseignants, le paiement des enseignants encore non mécanisés (N.U.) et non payés (N.P.), la mise à la retraite, la situation de la Mutuelle de santé des enseignants (MESP), les retards récurrents dans le paiement des salaires en provinces ainsi que la signature des décrets portant statuts particuliers des enseignants et des inspecteurs.
L'intersyndicale s'est notamment appuyée sur les travaux de la deuxième plénière de la commission interministérielle, tenue du 12 au 14 août 2026. Elle a également évoqué la rencontre organisée vendredi 29 août entre la ministre d'État en charge de l'Éducation nationale et une délégation syndicale, consacrée à l'examen des principales revendications du secteur.
À l'issue de ces échanges, le gouvernement a, selon l'intersyndicale, réitéré sa volonté d'améliorer les conditions de travail des enseignants et d'accorder la priorité au paiement des enseignants encore N.U. et N.P. Concernant la retraite, l'exécutif entend accélérer le processus, avec une priorité annoncée pour les enseignants debout et les inspecteurs de l'enseignement. Sur le dossier de la MESP, le gouvernement se serait engagé à œuvrer en faveur du moratoire de trois à cinq ans sollicité par l'intersyndicale concernant l'application du régime d'assurance maladie obligatoire. Le paiement des intervenants aux évaluations certificatives pour l'édition 2025-2026 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu constitue également une priorité. Le dossier aurait déjà franchi une étape dans la chaîne des dépenses et devrait faire l'objet d'un traitement urgent.
Par ailleurs, les deux projets de décrets portant respectivement statut particulier du personnel enseignant et statut particulier des inspecteurs auraient déjà été soumis à l'autorité compétente pour signature.
L'intersyndicale dénonce également les retards et autres désagréments constatés lors de la paie des enseignants dans plusieurs provinces éducationnelles. Sur ce point, la ministre de l'Éducation nationale aurait pris l'engagement de rappeler à l'ordre et d'interpeller les opérateurs de paie concernés afin de mettre un terme à ces pratiques.
Face à ces engagements, les syndicats recommandent au gouvernement de rendre opérationnels, au quatrième trimestre 2026, les processus de mise à la retraite et de paiement des enseignants N.U. et N.P., conformément aux prévisions de la loi de finances 2026. Ils exigent également la signature, au plus tard à la mi-septembre 2026, des deux décrets relatifs aux statuts particuliers des enseignants et des inspecteurs, ainsi que la finalisation du paiement des intervenants aux évaluations certificatives dans l'Est du pays.
L'intersyndicale demande en outre aux autorités d'instruire les opérateurs de paie afin d'apurer les arriérés salariaux et les frais de fonctionnement, tout en mettant fin aux retenues salariales jugées injustifiées ou non autorisées.
Reprise des cours, mais un ultimatum en toile de fond
Malgré les revendications persistantes, l'intersyndicale privilégie pour l'instant l'apaisement. Elle demande à tous les enseignants de reprendre les enseignements et l'encadrement des élèves dès le mardi 1er septembre 2026 sur l'ensemble du territoire national.
Mais cette reprise est assortie d'un avertissement clair au gouvernement. Les syndicats préviennent qu'en cas de non-respect des engagements renouvelés, ils se réservent le droit de déclencher des actions syndicales de grande ampleur, pouvant aller jusqu'à perturber le calendrier scolaire en cours. L'intersyndicale appelle ainsi le gouvernement à donner rapidement des réponses concrètes aux revendications du personnel enseignant, afin de préserver la paix sociale dans le sous-secteur de l'Éducation nationale et d'éviter une nouvelle crise au cours de l'année scolaire 2026-2027.