Par Denise Kyalwahi
À Kinshasa, Djify Elugba Kabamba, journaliste indépendant affilié au média en ligne Kilalo Presse, affirme avoir été menacé après avoir publié plusieurs contenus sur l'exploitation illégale des forêts congolaises.
Selon son témoignage, les menaces sont survenues les 12 et 13 août 2026, à travers deux appels provenant de numéros masqués et des messages sur Facebook. Son interlocuteur lui aurait reproché de « dire n'importe quoi » sur des sujets qu'il ne maîtrisait pas, avant de proférer des menaces visant directement son intégrité physique.
> « Djify, ça c'est un dernier avertissement. Arrête ! Arrête ! de nous accuser gratuitement. Sache que ta vie est déjà en danger car nous disposons de toutes les informations sur toi, y compris ta localisation. Pense à ta famille. Car il est désormais possible que tu partes les attendre au paradis. Merci ! Un bon entendeur s'aligne. Merci ! »
Le journaliste explique avoir travaillé sur les réseaux sociaux en collaboration avec des médias indépendants. Il précise ne pas être militant écologiste, mais exercer son métier de journaliste. Il affirme avoir publié plusieurs contenus sur l'exploitation illégale des forêts et des ressources naturelles de la RDC, sans pouvoir déterminer lequel aurait provoqué ces menaces.
La peur menace aussi l'information
Cette situation illustre les risques auxquels peuvent être exposés les journalistes qui enquêtent sur des questions environnementales sensibles. Quand un journaliste est menacé, ce n'est pas seulement sa sécurité qui est en jeu : c'est aussi le droit du public à l'information. La peur peut pousser certains journalistes à éviter les sujets sensibles ou à s'autocensurer. Résultat : des exploitations illégales, des pollutions ou d'autres atteintes à l'environnement peuvent rester moins documentées.
En RDC, protéger les journalistes environnementaux, c'est aussi protéger la circulation d'informations indispensables à la défense des forêts, de la biodiversité et des communautés. Enquêter sur les atteintes à l'environnement ne devrait jamais mettre en danger la vie de ceux qui les documentent.
Pour les défenseurs des droits environnementaux, la protection des journalistes environnementalistes est de la plus grande importance pour mettre fin à l'impunité.