Par la Rédaction
Le président national du Mouvement du Peuple Congolais pour la République (MPCR), Jean-Claude Vuemba Luzamba, a réagi à l'annonce du dialogue national par le Chef de l'État.
Dans une déclaration au ton ferme intitulée « Sur le retour annoncé du comité central du MPR parti-État », l'opposant reconnaît la nécessité du dialogue tout en rejetant catégoriquement la formule proposée par le pouvoir.
« Le Congo a besoin d'un dialogue. Personne ne peut sérieusement le contester au regard de la gravité de la crise que traverse notre pays », concède-t-il d'emblée.
Mais pour Jean-Claude Vuemba, la démarche actuelle est viciée à la base: « Certainement pas d'un dialogue dont l'un des principaux protagonistes de cette crise prétend être à la fois l'initiateur, l'organisateur, l'arbitre et celui qui décide, par avance, qui mérite ou non de s'asseoir autour de la table. »
« Félix Tshisekedi ne peut pas être juge et partie »
Le leader du MPCR dénonce une contradiction. « On ne peut pas proclamer un dialogue inclusif tout en commençant par en déterminer unilatéralement les exclusions. On ne peut pas promettre un dialogue non confisqué tout en annonçant soi-même son architecture, son lieu, ses participants et ses limites. »
Pour lui, la crise congolaise est multidimensionnelle. Elle ne se résume pas à la guerre dans l'Est. Elle est aussi « politique, institutionnelle, électorale, sécuritaire, économique et sociale », marquée par « l'effondrement de la confiance entre gouvernants et gouvernés, l'instrumentalisation des institutions, les restrictions des libertés, l'exil d'acteurs politiques et la présence de prisonniers politiques et d'opinion ».
À ce titre, le MPCR estime que la légitimité issue des élections de 2023 ne peut être soustraite au débat. « Les irrégularités qui les ont caractérisées et la crise de confiance qui en a résulté font précisément partie des questions auxquelles le dialogue doit apporter des réponses. »
Lignes rouges: articles 70 et 220
Jean-Claude Vuemba fixe des lignes rouges intangibles. Son parti ne participera à « aucune entreprise destinée à fabriquer artificiellement un consensus autour du maintien au pouvoir ou d'une modification des fondamentaux de la Constitution du 18 février 2006. »
« Les articles 70 et 220 de la Constitution constituent, pour nous, des lignes rouges. Deux mandats présidentiels de cinq ans: pas un jour de plus », martèle-t-il, avertissant qu'aucun dialogue ni référendum ne pourra servir de « raccourci politique pour contourner les dispositions intangibles de notre Constitution. »
Le président du MPCR exige au préalable de véritables actes de décrispation: restauration de l'État de droit, fin de l'instrumentalisation de la justice et des services de sécurité, libération des prisonniers politiques, retour sécurisé des exilés, restitution des passeports retirés et égalité d'accès aux médias publics.
Un dialogue des Congolais, pas d'un homme
Face à une situation où « la souveraineté est menacée et une partie du territoire échappe au contrôle de l'État », Jean-Claude Vuemba estime que le dialogue à venir ne peut appartenir « ni à un homme, ni à un parti, ni à une majorité politique. »
Il plaide pour un dialogue appartenant à tous les Congolais, « sous une médiation crédible, indépendante et impartiale, dans le strict respect de la Constitution ».
Sa position est claire: « Nous sommes pour un dialogue véritablement national, véritablement inclusif et capable de réconcilier les Congolais autour de l'essentiel: la paix, l'unité nationale, l'intégrité territoriale, la démocratie et le respect de notre Constitution. Mais nous disons non au dialogue de Félix Tshisekedi, sous la direction de Félix Tshisekedi, selon les règles de Félix Tshisekedi et avec des participants choisis par Félix Tshisekedi. »
Et de conclure: « Le Congo est plus grand que chacun de nous. Ce dont notre pays a besoin, c'est d'un dialogue des Congolais, par les Congolais et pour sauver le Congo. »