Par Prosper Buhuru
La riposte contre Ebola franchit une nouvelle étape dans la province de la Tshopo. À Kisangani, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a officiellement lancé ce vendredi 28 août la campagne de vaccination destinée en priorité aux personnels les plus exposés au virus.
Les premières personnes concernées sont notamment les médecins, les infirmiers, les relais communautaires ainsi que les agents engagés dans les activités de communication et de mobilisation communautaire. Dès l’ouverture du dispositif, une importante affluence a été observée dans les sites de vaccination.
Pour le ministre de la Santé, la protection de ces acteurs constitue un enjeu majeur dans la lutte contre l’épidémie. Roger Kamba a rappelé que les prestataires de soins figurent parmi les catégories particulièrement exposées depuis le début de la flambée épidémique.
« Le virus challenge les prestataires des soins. Depuis le début, ils ont payé un lourd tribut », a-t-il déclaré, avant de rendre hommage aux professionnels mobilisés dans la riposte.
S’adressant directement aux personnels de première ligne, le ministre a appelé à ne pas considérer les mesures de protection comme une garantie absolue contre la contamination. Selon lui, malgré le respect des précautions, le risque zéro n’existe pas dans un contexte d’exposition au virus Ebola.
« Même avec toutes les précautions, une erreur peut toujours arriver », a-t-il expliqué, relevant que certaines contaminations ont été enregistrées chez des personnes pourtant correctement protégées. Il a ainsi exhorté les prestataires concernés à accepter la vaccination.
La campagne intervient alors que la Tshopo compte déjà 17 cas confirmés d’Ebola. Trois zones de santé sont principalement concernées par les opérations de vaccination mises en œuvre dans le cadre de la riposte.
Roger Kamba a également fait état d’un élément encourageant concernant la prise en charge des personnes exposées. Il affirme que les personnes ayant reçu le traitement à la suite d’un contact avec des malades n’ont, jusque-là, pas développé la maladie dans la province.
« Si vous faites l’effort maximal pour bloquer ce virus, on n’arrivera pas à plus que ça », a lancé le ministre, appelant ainsi à renforcer les mesures de prévention et de protection autour des chaînes de transmission.
Pour soutenir cette nouvelle phase de la riposte, la RDC utilise le vaccin Ervebo. Le dispositif doit également s’étendre à d’autres provinces voisines de l’Ituri, conformément au programme établi par le ministère de la Santé.
Roger Kamba indique que le pays dispose déjà d’au moins 50 000 doses de ce vaccin. Cette mobilisation intervient alors que la 17ᵉ épidémie d’Ebola continue de mettre à rude épreuve le système sanitaire congolais, avec plus de 5 000 personnes touchées en environ 100 jours selon les chiffres communiqués par le ministre.