Par Gloire Balolage
Le Projet d'apprentissage et d'autonomisation des filles (PAAF) organise, du jeudi 27 au samedi 29 août 2026, une table ronde consacrée à l'évaluation de la phase de généralisation de son programme d'octroi de bourses aux filles dans la province du Kasaï. Pendant trois jours, les différentes parties prenantes examinent les résultats enregistrés, les bonnes pratiques développées ainsi que les difficultés rencontrées depuis le déploiement du programme.
Les travaux visent également à dégager des pistes d'amélioration pour la prochaine année scolaire. Les participants sont appelés à capitaliser les expériences acquises au cours de cette phase et à identifier les ajustements nécessaires afin de renforcer la mise en œuvre du programme durant l'année scolaire 2026-2027. L'enjeu consiste notamment à rendre les opérations davantage adaptées aux réalités rencontrées sur le terrain.
Pour l'année scolaire 2026-2027, le projet prévoit ainsi de mieux aligner le calendrier de ses opérations sur celui de l'année scolaire, avec l'objectif de rendre la mise en œuvre du programme plus efficace et plus fluide.
À l'ouverture de la table ronde, jeudi 27 août, la directrice cheffe de service de la Direction de l'éducation à la vie courante (DEVC), Christelle Nsambu, représentant le secrétaire général à l'Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, a insisté sur la nécessité pour les participants de travailler dans un esprit de responsabilité et de recherche de solutions concrètes.
Elle a estimé que les échanges devraient déboucher sur des recommandations pertinentes, réalistes et partagées, capables de consolider les acquis de la première année et de renforcer le programme pour l'année scolaire 2026-2027.
De son côté, la coordonnatrice du PAAF, Alice Katambay, a expliqué qu'une action stratégique et concertée avait été mise en place pour répondre aux différentes contraintes opérationnelles rencontrées dans l'exécution du programme. Elle a notamment évoqué les retards administratifs liés à la consolidation des listes d'écoles, la difficulté d'aligner le calendrier de recrutement des assistants techniques sur le calendrier scolaire, les problèmes de connectivité dans certaines zones rurales ainsi que certaines urgences sanitaires locales.
Selon la responsable du PAAF, une feuille de route rigoureuse a également été structurée afin de faciliter le déblocage des financements, de sécuriser les transferts financiers à travers le circuit bancaire et de veiller à ce qu'aucune école éligible ne soit écartée du dispositif. Cette démarche doit permettre de répondre aux contraintes opérationnelles et d'améliorer la fluidité de la mise en œuvre du programme au cours de la prochaine année scolaire.
Le bilan présenté au cours des travaux fait état d'une progression importante du nombre de filles prises en charge. Le projet est passé de 49 215 bénéficiaires ciblées lors de la phase pilote à plus de 301 218 filles actuellement accompagnées dans 1 882 établissements scolaires des provinces éducationnelles Kasaï 1 et Kasaï 2. La prise en charge concerne notamment les frais scolaires, les frais techniques et ceux liés aux épreuves certificatives, avec également une subvention directe accordée aux tuteurs.
Pour Alice Katambay, ces résultats traduisent les avancées enregistrées par le PAAF dans les deux provinces éducationnelles du Kasaï. Elle a notamment fait état d'une progression du maintien scolaire dans les zones couvertes, tout en rapportant une baisse des cas de mariage précoce et de violences basées sur le genre, qu'elle associe notamment aux engagements de bonne conduite et à l'action continue du Mécanisme de gestion des plaintes.