Par Prosper Buhuru
La défense et la sécurité nationale s’annoncent comme l’un des principaux postes de dépense de l’État congolais pour les cinq prochaines années. Selon les projections budgétaires rendues publiques, ce 24 décembre 2025, par le vice-Premier ministre Adolphe Muzito, un montant global estimé à 5 milliards de dollars pourra être consacré à ce secteur stratégique entre 2026 et 2030.
Dans sa 36ᵉ tribune, l’ancien Premier ministre, aujourd’hui vice-Premier ministre en charge du Budget, inscrit la sécurité parmi les priorités structurelles de l’action publique, aux côtés des investissements sociaux et des infrastructures. Un choix présenté comme une réponse directe à la dégradation prolongée du contexte sécuritaire, particulièrement dans l’est du pays.
Le document dresse un constat sans détour : malgré les efforts engagés, les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri demeurent le théâtre d’affrontements récurrents, dont l’intensité s’est accentuée depuis 2021. Dans ce contexte, la défense n’est plus envisagée comme une simple ligne budgétaire, mais comme un levier central de stabilisation et de préservation de la souveraineté nationale.
Les enveloppes projetées devraient couvrir, entre autres, la rémunération et la prise en charge des Forces armées de la RDC et de la Police nationale, le financement des opérations militaires, ainsi que l’appui aux populations affectées par les déplacements forcés liés aux violences.
Adolphe Muzito plaide par ailleurs pour une approche équilibrée, combinant renforcement des capacités militaires et efforts diplomatiques. Selon lui, la recherche de la paix avec les pays voisins ne saurait faire l’économie d’une armée mieux équipée et d’un dispositif de protection du territoire plus efficace.
Ces orientations budgétaires reposent enfin sur des hypothèses macroéconomiques jugées favorables, tablant sur une progression des recettes publiques au cours de la période 2026-2030. Une dynamique qui, si elle se confirme, devrait permettre à l’État de soutenir ses ambitions sécuritaires sans compromettre les autres priorités nationales.