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Justice : Me Laurent Onyemba dénonce l'arrestation arbitraire d'un avocat 

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Par Serge Mavungu

Par le biais d'une correspondance adressée au Procureur Général près la Cour d'Appel de Kinshasa/Gombe, Me Laurent Onyemba Ndjongandeke, agissant en qualité de Conseil de Maître Médard Palankoy Lakwas, dénonce l'arrestation et détention arbitraires de son client et demande de communication.

Me Laurent Onyemba Ndjongandeke précise, dans sa lettre, que son client Maître Médard Palankoy Lakwas a été enlevé depuis le 14 mars 2025 en son cabinet d'avocat, et que la femme et les enfants de ce dernier le chargent à "adresser la présente relativement à l'objet mis en exergue."

"En effet, enlevé depuis le 14 mars 2025, à son cabinet d'avocat, après la perquisition illégale dudit cabinet, au mépris de la Circulaire n° 3/008/IM/PGR/2011 relative à l'organisation intérieure des Parquets, mon client a été conduit d'abord à une destination inconnue, avant d'être signalé aux locaux du Conseil National de Cyberdéfense", indique-t-il dans la correspondance adressée au Procureur Général près la Cour d'Appel de Kinshasa/Gombe.

Et Me Laurent Onyemba de rappeler : "Il ressort des articles 18 et 19 de la Constitution que : Toute personne arrêtée doit être immédiatement informée des motifs de son arrestation et de toute accusation portée contre elle, et ce, dans la langue qu'elle comprend. Elle doit être immédiatement informée de ses droits. La personne gardée à vue a le droit d'entrer immédiatement en contact avec sa famille ou avec son conseil. La garde à vue ne peut excéder quarante-huit heures. À l'expiration de ce délai, la personne gardée à vue doit être relâchée ou mise à la disposition de l'autorité judiciaire compétente. Tout détenu doit bénéficier d'un traitement qui préserve sa vie, sa santé physique et mentale ainsi que sa dignité >> (Article 18). Et que: Nul ne peut être ni soustrait ni distrait contre son gré du juge que la loi lui assigne. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue dans un délai raisonnable par le juge compétent. Le droit de la défense est organisé et garanti. Toute personne a le droit de se défendre elle-même ou de se faire assister d'un défenseur de son choix et ce, à tous les niveaux de la procédure pénale, y compris l'enquête policière et l'instruction préjuridictionnelle. Elle peut se faire assister également devant les services de sécurité (Article 19)."

À cet effet, il informe le Procureur Général près la Cour d'Appel de Kinshasa/Gombe que "depuis son enlèvement jusqu'à ce jour, les droits de mon client sont totalement bafoués au niveau du Conseil National de Cyberdéfense, qui est sous votre charge en tant que dépositaire de l'action publique, dans la mesure où il lui est refusé tout contact avec sa famille et qui pis est, à son Conseil."

En application de ces deux dispositions de la Constitution, poursuit Me Laurent Onyemba, il serait judicieux que les Officiers de Police Judiciaire de cette structure saisissent l'office du Procureur général près la Cour d'appel de Kinshasa/Gombe contre son client, dans l'hypothèse où ils estimeraient que les faits mis à sa charge seraient établis. 

"Cependant, il ressort des déclarations confiées à l'épouse de mon client au niveau de la CNC, en date du 07 avril 2025, que mon client serait un renseignant", a écrit Me Laurent Onyemba.

Et de souligner : "Pourtant, Monsieur le Procureur Général, en sa qualité d'Avocat-Conseil, mon client pose les actes conformément à la loi au nom et pour le compte de ses clients et que, légalement et techniquement, vous êtes mieux placé pour établir la responsabilité ou non d'un détenu ou suspect."

C'est pourquoi, au-delà de sa présomption d'innocence et surtout de son identité et de sa profession, qui ne sont pas douteuses, son client Maître Médard Palankoy Lakwas

sollicite que le Procureur Général près la Cour d'Appel de Kinshasa/Gombe puisse demander en communication son dossier, afin que celui-ci puisse être instruit par un magistrat plus expérimenté de son office, conformément à la loi et ce, pour préserver ses droits et libertés publiques garantis par la Constitution et les lois de la République, dont il est le gardien.

Mardi 29 avril 2025 - 14:11