Par Prosper Buhuru
Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko, a signé, le 14 février 2026, à Kinshasa, une circulaire portant mesures urgentes à la suite de la survenue de cas de choléra à la prison centrale de Makala.
Selon le document officiel, cinq décès ont été enregistrés depuis le 12 février 2026 au sein de cet établissement pénitentiaire. Les données sanitaires communiquées indiquent que l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) a confirmé treize cas positifs sur dix-sept prélèvements analysés. Parmi ces cas confirmés, quatre détenus sont déclarés rétablis. Par ailleurs, quinze nouveaux cas suspects ont été signalés le 13 février.
Face à cette situation épidémiologique préoccupante, le ministre de la Justice a ordonné, avec effet immédiat, l’interdiction temporaire de toute nouvelle admission à la prison centrale de Makala jusqu’à nouvel ordre. La circulaire prévoit également la suspension ou la limitation stricte des visites, sous réserve du respect rigoureux des mesures d’hygiène et des prescriptions sanitaires en vigueur.
Le renforcement immédiat du dispositif sanitaire figure parmi les priorités arrêtées par l’autorité ministérielle. Il s’agit notamment de la mise à disposition de médicaments essentiels, de l’approvisionnement en produits de prévention et de désinfection ainsi que du déploiement d’équipements et de matériels médicaux adaptés.
La décision s’appuie sur la loi n°23/028 du 15 juin 2023 déterminant les principes fondamentaux relatifs au régime pénitentiaire, en particulier les dispositions relatives à la protection de la santé et à la dignité des personnes privées de liberté, ainsi que sur la loi n°18/035 du 13 février 2018 relative à la santé publique, qui habilite les autorités compétentes à prendre des mesures exceptionnelles en cas de menace sanitaire.
La mise en œuvre de ces mesures se fera en coordination étroite avec le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale. Les services de l’administration pénitentiaire sont tenus de faciliter l’intervention des équipes médicales, d’assurer un échange régulier d’informations épidémiologiques et d’appliquer sans délai les recommandations formulées par les autorités sanitaires.
La circulaire impose en outre la transmission quotidienne d’un rapport détaillé sur l’évolution des cas, les mesures prises et les besoins éventuels, jusqu’à la maîtrise complète de la situation. Les responsables pénitentiaires et sanitaires sont appelés à veiller à l’exécution stricte de ces dispositions.
La prison centrale de Makala, principal établissement carcéral du pays situé à Kinshasa, se retrouve ainsi sous surveillance sanitaire renforcée, dans un contexte où la gestion des épidémies en milieu carcéral demeure un enjeu majeur de santé publique et de respect des droits fondamentaux.