Par la Rédaction
Composées de représentants de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), les Églises congolaises ont été reçues, ce mercredi 14 janvier, à Luanda, par le Président angolais João Lourenço, également président en exercice de l’Union Africaine. La délégation venue de Kinshasa s’est entretenue avec le chef de l’État angolais dans le cadre des efforts régionaux visant à faire face à l’insécurité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo.
La délégation, conduite par Mgr Fulgence Muteba Mugalu, président de la CENCO, et par Mgr Donatien Nshole, secrétaire général, a présenté au chef de l’État angolais les préoccupations des églises congolaises face à la dégradation de la situation sécuritaire. Les deux responsables ont évoqué l’évolution inquiétante des violences qui continuent de frapper les provinces orientales de la RDC.
Au cœur des échanges, figurait notamment la recrudescence des attaques armées et les affrontements impliquant l’AFC/M23. Les discussions ont également porté sur l’aggravation de la crise humanitaire, marquée par des déplacements massifs de populations civiles en quête de sécurité. Les représentants religieux ont insisté sur la gravité de ce contexte, qui nécessite, selon eux, une mobilisation accrue.
Cette audience intervient dans un climat diplomatique particulièrement actif entre Luanda et Kinshasa. Elle fait suite aux deux récents déplacements du Président congolais Félix Tshisekedi en Angola, les 5 et 8 janvier, au cours desquels les deux pays ont intensifié leurs échanges autour de pistes politiques et sécuritaires susceptibles d’apporter des réponses durables à la crise dans l’Est.
Selon des sources, l’Angola explore des mécanismes complémentaires aux processus de Washington et de Doha. Luanda entend proposer une approche supplémentaire sans, toutefois, se substituer aux initiatives déjà en cours. L’accent est mis sur un dialogue inclusif réunissant les acteurs politiques, sécuritaires et sociaux pour favoriser un retour progressif à la stabilité.
Les responsables de la CENCO et de l’ECC, porteurs du « Pacte social pour la paix », ont réitéré leur volonté d’appuyer les efforts de médiation régionale. Ils ont rappelé l’importance d’une action concertée afin d’assurer la protection des populations civiles et de mettre fin aux cycles de violence qui déstabilisent l’Est du pays.
Les leaders religieux ont également souligné la nécessité de restaurer la cohésion nationale. Pour eux, la paix durable en RDC passe par un processus ouvert, inclusif et axé sur la sécurité des populations confrontées à des crises récurrentes.