Par Prosper Buhuru
Le président provincial du Parlement des jeunes du Nord-Kivu, Jordan Mugisha Kisembe, a vivement rejeté, ce mercredi 8 avril 2026, la décision de suspension prise à son encontre par le chef de division provinciale de la Jeunesse et Éveil patriotique, Guy Kibira Ndoole, dénonçant une série d’irrégularités administratives et un abus manifeste de pouvoir.
Dans une correspondance adressée au Gouverneur militaire du Nord-Kivu, le responsable du Parlement des jeunes qualifie cette mesure de « manifestement illégale », soutenant qu’elle viole les dispositions de l’arrêté ministériel régissant l’organisation et le fonctionnement de cette structure en République démocratique du Congo. Selon lui, le chef de division, en tant qu’agent déconcentré, ne dispose ni de la compétence ni du mandat pour suspendre une autorité issue d’un cadre institutionnel reconnu.
La réaction de Jordan Mugisha intervient après une décision prise le 7 avril par Guy Kibira, qui l’accuse d’« insubordination notoire » pour avoir poursuivi le processus électoral au sein des structures locales de jeunesse, malgré une instruction attribuée au bureau national du Parlement des jeunes demandant sa suspension. Une mesure que l’administration provinciale justifie par la nécessité de préserver la cohésion entre organisations de jeunes et d’éviter une crise dans la province.
Mais pour le président provincial, cette décision repose sur une base juridique contestable. Il affirme que le prétendu bureau national ayant émis l’instruction ne dispose d’aucune existence légale conforme aux textes en vigueur, notamment l’arrêté ministériel de novembre 2023, qui redéfinit les mécanismes de gouvernance du Parlement des jeunes et limite les prérogatives de cette instance.
Au-delà de la question de compétence, Jordan Mugisha dénonce une violation des principes fondamentaux du droit, notamment le respect du contradictoire et des droits de la défense. Il affirme n’avoir fait l’objet d’aucune procédure régulière, ni audition préalable, évoquant plutôt une décision prise dans un contexte de tensions et de différends personnels.
Le responsable accuse également le chef de division d’ingérence répétée dans les activités des structures de jeunesse, notamment à travers des pressions exercées sur des partenaires techniques et organisations non gouvernementales, afin de freiner les activités du Parlement des jeunes. Une attitude qu’il considère comme une entrave grave au fonctionnement autonome des organisations de jeunesse reconnues par l’État.
Dans sa démarche, Jordan Mugisha sollicite l’intervention du Gouverneur militaire pour faire constater l’illégalité de la suspension, rappeler le chef de division aux limites de ses prérogatives et garantir le respect des textes régissant les structures de jeunesse. Il appelle également à l’organisation des élections provinciales du Conseil de la jeunesse sans interférence administrative, afin de préserver l’indépendance de ces organes.