Par Serge Mavungu
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a réagi à l'annonce des autorités sanitaires françaises concernant la détection d'un cas de maladie à virus Ebola chez un professionnel de santé revenu récemment de la province de l'Ituri, épicentre de l'épidémie en cours dans le pays.
Dans un communiqué publié le 24 juin 2026, le ministère de la Communication et Médias précise que le médecin concerné était déployé dans le cadre de la riposte contre Ebola pour le compte de l'organisation humanitaire ALIMA. Il a exercé du 22 mai au 19 juin 2026 au Centre de traitement Ebola du Centre médical évangélique de Rwampara, en Ituri, où il occupait les fonctions de médecin-réanimateur.
Selon le gouvernement, l'intéressé a quitté Bunia le 19 juin et a séjourné à Kinshasa jusqu'au 22 juin avant de rejoindre la France le 23 juin. Les informations transmises par son organisation indiquent qu'il ne présentait aucun signe clinique évocateur de la maladie ni lors de son départ de l'Ituri ni pendant son passage dans la capitale congolaise.
Toutefois, en raison de son implication directe dans la prise en charge des malades, il était considéré comme exposé à un risque potentiel d'infection. Arrivé en France, le médecin s'est présenté de lui-même dans un établissement de santé, où des analyses de laboratoire ont confirmé une infection par le virus Ebola de type Bundibugyo.
Le gouvernement congolais rappelle qu'une personne infectée par Ebola ne devient contagieuse qu'à partir de l'apparition des symptômes et que la transmission du virus s'effectue uniquement par contact direct.
Afin d'assurer le suivi de cette situation, Kinshasa a saisi les autorités françaises pour obtenir les données nécessaires au traçage et au suivi des contacts éventuellement exposés sur le territoire congolais. Cette coopération vise également à coordonner les actions de surveillance entre les deux pays conformément aux dispositions du Règlement sanitaire international.
Les autorités congolaises assurent que toute alerte liée à Ebola fait l'objet d'investigations approfondies comprenant l'identification et le suivi des contacts pendant 21 jours, ainsi que la mise en œuvre immédiate des mesures de santé publique requises.
Le gouvernement indique également que les dispositifs renforcés de surveillance restent opérationnels dans les provinces affectées ainsi qu'aux principaux points d'entrée et de sortie du territoire, notamment dans les aéroports de Bunia et de Kinshasa.
Par ailleurs, une nouvelle mesure a été annoncée. Désormais, toute personne en provenance d'une zone affectée par Ebola devra observer une période de 21 jours avant d'effectuer un autre déplacement, à l'intérieur du pays ou à l'international. Selon les autorités, cette disposition vise à réduire les risques de propagation de la maladie et à renforcer la protection sanitaire des populations.
Le gouvernement réaffirme enfin son engagement à poursuivre la riposte avec « responsabilité, transparence et rigueur scientifique », tout en renforçant la coopération avec les partenaires nationaux et internationaux impliqués dans la lutte contre l'épidémie.