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Dialogue national en RDC : le Conseil interreligieux congolais pose la vérité et la réconciliation comme préalable à un processus crédible et durable

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Des membres du Conseil interreligieux congolais (CIC) [photo d'illustration]
Des membres du Conseil interreligieux congolais (CIC) [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

Le débat autour du dialogue annoncé par le chef de l’État se précise avec la position du Conseil interreligieux congolais (CIC). Réunis en session extraordinaire à Kinshasa le 3 août 2026, les chefs religieux membres de cette structure, accompagnés des experts du Secrétariat technique et des membres de la Ligue des femmes leaders du CIC, ont examiné la situation nationale ainsi que les perspectives liées à ce futur processus.

Dans la déclaration finale parvenue à la rédaction d’Opinio-infos.cd, ce mardi 4 août 2026, le CIC a réaffirmé son attachement à plusieurs principes qu’il considère essentiels pour l’avenir du pays, notamment la paix, la vérité, la réconciliation, la cohésion nationale et la stabilité institutionnelle. La structure religieuse insiste ainsi sur la nécessité de placer ces valeurs au cœur des démarches visant à favoriser un règlement durable des questions nationales.

L’une des principales recommandations formulées par le Conseil interreligieux congolais concerne la mise en place d’un Mécanisme national de vérité, réconciliation et cohésion nationale. Pour le CIC, ce mécanisme constitue un « préalable indispensable » à l’organisation d’un dialogue national qu’il souhaite crédible, sincère et susceptible de produire des résultats durables. Cette proposition est donc présentée comme une étape importante avant l’ouverture effective de ce dialogue.

Le CIC recommande également l’élaboration d’une feuille de route consensuelle devant encadrer le processus. Celle-ci devrait, selon la déclaration, garantir un dialogue inclusif, transparent et participatif. À travers cette recommandation, le Conseil met l’accent sur les conditions devant permettre aux différentes parties prenantes de prendre part au processus dans un cadre défini de manière consensuelle.

Dans le même temps, l’appel est adressé à l’ensemble des acteurs politiques, sociaux, religieux et communautaires. Le CIC les invite à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation, à renoncer à toute forme de violence et à s’engager dans la recherche d’une paix durable. La déclaration souligne ainsi la responsabilité collective des différents acteurs dans la préservation de la paix et de la cohésion nationale.

Une attention particulière est également accordée aux responsables des confessions religieuses, auxquels le CIC reconnaît un rôle déterminant dans la facilitation du dialogue à venir. Le Conseil les exhorte à faire preuve de responsabilité, de retenue et de respect mutuel, afin de favoriser une collaboration fraternelle leur permettant d’assumer pleinement leur mission au service de la paix pour le peuple congolais.

Enfin, le Conseil interreligieux congolais appelle les partenaires régionaux et internationaux à soutenir un processus conduit par les Congolais, tout en respectant la souveraineté nationale et l’intérêt supérieur du peuple congolais.

Le projet de dialogue national en RDC apparaît aujourd’hui comme un processus autour duquel existe un point de convergence, mais aussi des divergences importantes sur ses modalités. Le président Félix Tshisekedi s’est prononcé en faveur d’un dialogue national « inclusif, apaisé et résolument républicain », destiné notamment à consolider la cohésion nationale et à se dérouler dans le respect des institutions et de la Constitution.

De son côté, une partie de l’opposition, notamment la Coalition Article 64 (C64), a pris acte de cette annonce tout en réclamant la convocation effective du dialogue dans un délai précis, avec une exigence d’inclusivité et de résultats concrets. Les Églises, particulièrement la CENCO et l’ECC, se sont engagées dans des consultations avec les différentes composantes politiques afin de favoriser un cadre de dialogue plus inclusif.

Dans ces conditions, la crédibilité du processus dépendra largement de sa capacité à rapprocher ces différentes exigences sans donner le sentiment qu’une partie cherche à imposer seule son agenda aux autres.

Mardi 4 août 2026 - 15:16