Par Serge Mavungu
Une année après sa nomination à la tête du ministère des Hydrocarbures en qualité de ministre d’État, Acacia Bandubola Mbongo a dressé le bilan de sa première année d’action à travers une lettre adressée à la Première ministre.
Dans ce document, la ministre d'État revient sur les principales actions menées depuis sa prise de fonctions le 13 août 2025, notamment dans les domaines de la lutte contre la fraude, du renforcement de la régulation, de la sécurisation de l’approvisionnement et de la mobilisation des recettes publiques.
Parmi les résultats mis en avant figure la progression de plus de 1 700 % des recettes pétrolières, selon les chiffres cités dans son bilan. Le ministère indique également avoir identifié des pertes estimées à plus de 800 millions de dollars sur la période 2024-2025 dans le Haut-Katanga et le Lualaba, en lien avec des circuits parallèles de commercialisation des produits pétroliers.
Pour renforcer la traçabilité et lutter contre la fraude, le ministère a renforcé la brigade mixte d’inspection et engagé le déploiement du marquage moléculaire des carburants. Des opérations de contrôle ont également été conduites dans plusieurs provinces, donnant lieu à des mises en demeure et à des suspensions temporaires d’autorisations.
Sur le plan réglementaire, Acacia Bandubola fait état de la finalisation d’un nouveau cadre encadrant l’installation des stations-service et des dépôts. Des mesures renforcées en matière d’hygiène, de sécurité et de protection de l’environnement ont également été adoptées pour l’octroi et le renouvellement des titres pétroliers.
L’approvisionnement du marché national constitue un autre volet important du bilan. La coordination avec les importateurs a, selon le ministère, contribué à maintenir la stabilité du marché malgré les tensions internationales. Face aux risques de perturbation, des achats stratégiques ont notamment porté sur 13 000 tonnes d’essence, 15 000 tonnes de gasoil, 6 000 tonnes de Jet A1 et 1 500 tonnes de GPL.
Le ministère des Hydrocarbures met également en avant plusieurs projets d’infrastructures, dont la construction envisagée d’un pipeline multi produits Matadi-Kinshasa de 332 kilomètres, le raccordement au pipeline de Ndola en Zambie, ainsi que le développement de nouvelles capacités de stockage dans le Grand-Kasaï, le Grand-Équateur et dans l’Est du pays.
Dans le domaine de la gouvernance et de l’attractivité, le bilan mentionne la révision de la loi sur les hydrocarbures, la préparation d’un projet de loi sur le GPL et la mise en place d’une banque de données pétrolières destinée à améliorer la transparence du secteur et à soutenir la relance des appels d’offres.
Sur le plan diplomatique, la ministre d'État Acacia Bandubola cite la redynamisation de la coopération énergétique avec l’Ouganda et la Tanzanie, ainsi que la signature d’un accord avec l’Algérie. Le 22 juillet 2026 à Luanda, la RDC et l’Angola ont également signé un avenant au contrat de partage de production relatif à leur Zone d’Intérêt Commun, ouvrant la voie à une nouvelle étape dans l’exploitation pétrolière.
Elle souligne par ailleurs le renforcement de la position de la RDC au sein de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), après le règlement des arriérés du pays et son accession à la vice-présidence de l’organisation. La RDC doit en assurer la présidence à partir de novembre 2026.
Pour les prochaines années, plusieurs priorités sont annoncées à l’horizon 2030, notamment l’implantation d’une raffinerie modulaire de 30 000 barils par jour, la réalisation du pipeline Matadi-Kinshasa, la modernisation des infrastructures de stockage afin d’atteindre une capacité de 1,8 million de mètres cubes, ainsi que la généralisation du marquage moléculaire des carburants sur l’ensemble du territoire national.
Ce bilan intervient alors que le secteur des hydrocarbures reste confronté à plusieurs défis, notamment la fraude, la vétusté des infrastructures de transport et de stockage et l’absence de capacité de raffinage opérationnelle en RDC.