Par Patrick Kitoko
À Uvira, le gouvernement congolais veut accélérer le retour effectif de l'administration publique dans les zones affectées par l'insécurité. Le vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a ouvert un atelier de réflexion communautaire consacré à la restauration de l'autorité de l'État dans la province du Sud-Kivu.
Prévue sur trois jours, cette rencontre se veut un espace de dialogue entre les différentes composantes de la société du Sud-Kivu. L'objectif affiché est de recueillir les préoccupations des communautés locales et de dégager des recommandations susceptibles d'accélérer le rétablissement du fonctionnement normal des institutions publiques dans les territoires touchés par la crise sécuritaire.
Le retour de l'administration au cœur des discussions
Au-delà des enjeux strictement sécuritaires, les discussions portent sur plusieurs dimensions de la présence de l'État : la situation des entités administratives affectées par l'insécurité, la problématique persistante des groupes armés, la protection des populations civiles et la reconstruction du vivre-ensemble.
Pour le gouvernement, la restauration de l'autorité de l'État ne saurait se limiter au déploiement des forces de sécurité. Elle implique également le retour des services publics, la réhabilitation des infrastructures administratives et la capacité des institutions à répondre aux besoins quotidiens des populations. C'est dans cette perspective que Jacquemain Shabani insiste sur l'implication des communautés locales. Le ministre estime que le retour durable de l'administration et la stabilisation de la province ne peuvent être imposés uniquement depuis Kinshasa, mais doivent reposer sur l'adhésion des populations directement concernées.
Une approche fondée sur l'implication locale
L'atelier d'Uvira intervient alors que plusieurs zones du Sud-Kivu restent confrontées aux conséquences de l'insécurité, avec des institutions publiques fragilisées ou contraintes de fonctionner dans des conditions difficiles. Dans ce contexte, le gouvernement cherche à établir un diagnostic à partir des réalités du terrain. Les représentants des communautés sont appelés à identifier les principaux obstacles au retour de l'État et à proposer des mécanismes permettant de restaurer progressivement la confiance entre les populations et les institutions.
La cohésion sociale figure également parmi les priorités. Pour les autorités, la restauration de l'autorité de l'État doit aller de pair avec la reconstruction des relations entre communautés, fortement affectées par les conflits et les déplacements de populations.
De la présence symbolique à une administration opérationnelle
L'enjeu dépasse ainsi la simple réinstallation des autorités administratives. Il s'agit de parvenir à une présence effective de l'État, capable d'assurer la sécurité, de rendre les services essentiels et de garantir le fonctionnement régulier des institutions.
Le défi reste de transformer les recommandations issues de ces consultations en actions concrètes sur le terrain. Le gouvernement devra notamment traduire cette volonté politique en retour effectif des agents publics, réhabilitation des services essentiels, sécurisation des entités administratives et renforcement de la cohésion entre les différentes communautés.
À Uvira, le message du ministère de l'Intérieur est clair : la restauration de l'autorité de l'État au Sud-Kivu devra passer à la fois par la sécurisation du territoire et par la reconstruction de la relation entre l'État et les citoyens.