Par la Rédaction
Le mouvement pro- démocratie lutte pour le changement appelle les autorités congolaises à libérer immédiatement et sans condition ses 7 camarades arrêtés lors de la manifestation organisée, samedi 03 janvier, à l'esplanade du Palais du peuple, pour dénoncer l'occupation de Bunagana par les rebelles du M23.
Ci-dessous l'intégralité du communiqué
Depuis la soirée du samedi 03 février 2024, nous sommes sans nouvelles de 7 camarades de lutte, dont 4 de la LUCHA. Bienvenu Matumo, Crispin Tshiya, Fred Bauma, Jean Paul Mualaba ainsi que 3 activistes d'autres mouvements citoyens ont été enlevés par des agents présumés de l'Agence Nationale de Renseignement (ANR), vêtus en tenue civile à Kinshasa. Ils ont été amenés vers une destination inconnue, à bord d'une jeep marque Land Cruser, de couleur blanche. L'enlèvement de nos 7 camarades est intervenu juste après le rassemblement pacifique organisé par les mouvements citoyens, à l'esplanade du palais du peuple, à Kinshasa, pour commémorer les 600 jours d'occupation de Bunagana par les rebelles du M23, ainsi que les Armées rwandaises et ougandaises, qui leur viennent en soutien. Notre rassemblement avait pour objectif de témoigner notre solidarité aux compatriotes abandonnés sous le joug de l'occupation étrangère, et appeler les autorités congolaises à relancer des offensives militaires, pour les libérer au lieu de sous-traiter la sécurité aux troupes étrangères et milices locales.
La LUCHA dénonce vigoureusement l'enlèvement et la détention au secret des camarades Bienvenu Matumo, Crispin Tshiya, Fred Bauma, Jean Paul Mualaba et 3 autres activistes. Il est inconcevable et particulièrement révoltant que Felix Tshisekedi, qui s'est avéré incapable de sécuriser les Congolais ces 5 dernières années, envoie ses services persécuter ceux qui dénoncent pacifiquement l'insécurité. Pourtant, les rebelles du M23 et leurs soutiens étrangers qui pillent et commettent des crimes contre les civils en territoires de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo ne sont guère inquiétés.
La LUCHA est particulièrement inquiète pour la sécurité et l'intégrité physique des camarades enlevés et gardés dans un lieu tenu secret. L'opinion publique se rappelle encore que le député d'opposition Cherubin Okende avait été enlevé le 13 juillet 2023, dans des circonstances presque similaires, avant d'être retrouvé mort le lendemain.
La LUCHA appelle les autorités congolaises à libérer immédiatement et sans condition nos 7 camarades et à mettre immédiatement fin aux restrictions diverses imposées aux citoyens conscients, qui ne font que rappeler aux dirigeants leurs responsabilités. Nous en appelons au président Felix Tshisekedi, lui-même qui se vante d'être attaché à l'Etat de droit. Alors que la restriction de l'espace civique est croissante depuis son arrivée au pouvoir, nous l'appelons à se raviser.
Au lieu de procéder aux enlèvements de citoyens inoffensifs à Kinshasa, les services de sécurité peuvent se rendre utile à l'Est de la République Démocratique du Congo, où sévissent des groupes armés dont le M23. A ce titre, nous appelons les services de sécurité à relancer les offensives militaires, pour libérer les territoires occupés à l'Est du pays, neutraliser tous les groupes armés et protéger les civils exposés aux exactions des bandits armés de tout bord.