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Nord-Kivu : Le M23 impose des surtaxes aux transporteurs dans des barrières illégales sur plusieurs axes routiers 

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Les terroristes du M23 [photo d'illustration]
Les terroristes du M23 [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage 

Dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la RDC -République Démocratique du Congo-, la situation des transporteurs s’est considérablement détériorée ces derniers jours, à cause des terroristes du M23 soutenus par le Rwanda, qui imposent une taxe unique allant de 450 à 750 USD sur les axes routiers qu’ils contrôlent dans le territoire de rutshuru.

Ces insurgés ont érigé des barrières sur des routes stratégiques, telles que l’axe Kanyabayonga-Rutshuru-Goma et le tronçon Goma-Kithsanga-Kirumba, entravant ainsi le ravitaillement des principaux centres de consommation de la région.

Les conséquences de cette surtaxation sont alarmantes, de nombreux propriétaires de véhicules préfèrent retirer leurs moyens de transport de la circulation, plutôt que de se soumettre à ces exigences financières exorbitantes. "Lorsque vous avez dépassé les forces loyalistes, les Wazalendo, vous trouvez la barrière du M23, où vous êtes obligés de payer 450 USD pour une camionnette, 650 USD pour un véhicule à huit roues et 750 USD pour un véhicule à dix roues. C’est une obligation; ça, c’est obligatoire, vous n’avez pas à discuter ", a dit un transporteur.

Outre ces taxes illégales, les transporteurs doivent également s'acquitter des taxes légales, qui accompagnent les marchandises jusqu'à leur destination finale. La situation devient d'autant plus complexe lorsque l’on considère les frais supplémentaires engendrés par les barrières du M23, notamment sur la route Rutshuru-Kanyabayonga, où les transporteurs doivent souvent décharger leurs marchandises à Kibumba, pour les voir transbordées dans des triporteurs, engendrant de nouveaux frais de 5 USD pour chaque sac destiné à Goma.

"Vous venez avec la marchandise, vous déchargez au niveau de Kibumba. Et cette marchandise est transbordée dans les triporteurs. Et là, on est obligé de payer encore des frais supplémentaires. Nous déboursons 5 USD pour qu’un sac puisse atteindre la ville de Goma. C’est très difficile pour une population qui vit déjà les affres de la guerre", a-t-il ajouté.

Ce contexte met à mal une population qui, déjà éprouvée par les affres de la guerre, doit composer avec des conditions de transport de plus en plus précaires. Les transporteurs déplorent également la multiplicité des barrages dressés le long des itinéraires sous contrôle du gouvernement congolais, en particulier sur l’axe Goma-Kitshanga.

L'instauration d'une administration parallèle par le M23 dans la région, soulève de profondes inquiétudes sur l’état de la sécurité et de la stabilité économique au Nord-Kivu. Les transporteurs, déjà confrontés à de nombreux défis, vivent ainsi un véritable calvaire qui met en péril non seulement leur subsistance, mais aussi celle des populations qui dépendent de leurs services dans un contexte déjà fragilisé par le conflit armé.

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Vendredi 23 août 2024 - 13:05