Par Gloire Balolage
Dans un contexte où les conflits fonciers se multiplient à Goma, dans la province du Nord-Kivu, le collectif des mouvements citoyens et groupes de pression a fait une déclaration sur la nécessité de trouver des solutions, pour mettre fin à ces problèmes, qui ont déjà conduit à des violences. Ce cri d'alarme s'inscrit dans un tableau plus large de luttes pour la propriété foncière, dans une région marquée par des décennies de guerres et d'agressions, qui ont exacerbé les inégalités et les tensions liées à l'accès aux terres, tant urbaines que rurales.
Le collectif, qui représente diverses voix de la société civile, s'est réjoui des récentes arrestations d'un réseau mafieux conduit par monsieur Mibanga Idi Manoah Michel, ce dernier ayant prétendu détenir de faux documents, tels qu'un arrêté, des titres et des jugements, pour s'approprier illégalement 31 parcelles appartenant à l'État congolais. Cette affaire a mis en lumière les difficultés rencontrées par les autorités locales face à des pratiques de spoliation qui semblent se multiplier, aggravant ainsi la vulnérabilité de la population face à de telles manigances.
En saluant le travail des autorités provinciales, qui ont réussi à récupérer ces parcelles spoliées, le collectif a plaidé pour une approche systématique permettant de démanteler les réseaux de corruption, qui sévissent dans la région. En effet, ces cas ne sont pas isolés, et le collectif a dénoncé à plusieurs reprises des activités qui alimentent les conflits fonciers à Goma, appelant à une enquête indépendante consacrée à ce sujet, afin d’établir des bases solides pour un dialogue ciblant des solutions durables.
Les recommandations émises par le collectif vont dans le sens d’une résolution pacifique des conflits fonciers, qui, chaque année, engendrent de nombreuses violations des droits humains, pour garantir un avenir serein fait de justice et de respect des droits; cela inclut, selon le collectif, l’intervention proactive des autorités, en vue de traiter les conflits fonciers récurrents, qui menacent la cohésion sociale dans la ville.
Parmi les doléances exprimées, le dossier de l'espace dit Kamuchanga a été mis en exergue, pour lequel le collectif recommande la délimitation d'un espace public dédié à la plage, tout en préservant les espaces privés des détenteurs de titres. Cette initiative pourrait non seulement apaiser les tensions existantes, mais également contribuer à la promotion d’un développement touristique durable, en construisant une plage moderne sur le domaine public.
Le collectif a également insisté sur le soutien nécessaire des autorités, notamment du Président de la République, afin d'interpeller les services cadastraux sur leur rôle primordial dans la régulation des affaires foncières. L'inadéquation de leur traitement des demandes foncières représente un risque manifeste pour la sécurité et la stabilité dans la région, une réalité mise en exergue par des conflits connus, notamment à Sabago, Foyer Social et Camp Munzenze.
Au-delà des recommandations pratiques, le collectif a exprimé un besoin urgent de protéger les défenseurs des droits humains, qui s'emploient à faire la lumière sur les conflits fonciers. Leur travail, essentiel à la sensibilisation des populations et à la divulgation des abus, doit être soutenu par le Gouvernement ; car, ces acteurs jouent un rôle clé dans un environnement où la sécurisation des droits de propriété est devenue critique, face à l'impunité qui prévaut.