Par Gloire Balolage
Treize mille cinq cent quatre-vingt-sept enfants autrefois engagés dans l’exploitation artisanale des mines de cobalt ont été retirés de ce secteur et réintégrés dans le système scolaire en République démocratique du Congo. L’annonce a été faite en marge du Forum économique mondial, organisé du 19 au 22 janvier 2025 à Davos, en Suisse, par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).
Selon Richie Lontulungu, secrétaire technique adjoint de la Commission nationale des droits de l’homme, cette initiative a permis de retirer ces enfants des sites miniers grâce au Projet d’appui au bien-être alternatif des enfants et jeunes dans les mines de cobalt (PABEA-Cobalt). Ils ont été réintégrés dans le système scolaire avec une prise en charge complète, incluant les frais de scolarité, les soins de santé ainsi que l’enregistrement à l’état civil.
Présentée devant des responsables gouvernementaux, des investisseurs, des entrepreneurs et des médias internationaux, cette avancée a été accueillie favorablement par le public du forum de Davos. La démarche a été mise en avant comme un exemple des efforts de la RDC dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable, avec un accent particulier sur la lutte contre le travail des enfants dans la chaîne d’approvisionnement du cobalt.
Il a précisé que le projet PABEA-Cobalt est mis en œuvre par le Fonds national de promotion et de service social (FNPSS). Il est présenté comme un projet pilote intégrant plusieurs dimensions du développement, notamment l’éducation, la lutte contre la pauvreté, la santé et le développement économique durable, dans un secteur stratégique pour l'économie congolaise.
Le projet vise également à répondre aux critiques internationales portant sur le travail des enfants dans les mines de cobalt, ainsi qu’aux risques d’exclusion du cobalt congolais du marché mondial. Il s’inscrit dans une logique de construction d’une chaîne d’approvisionnement plus propre, plus transparente et plus responsable.
Selon les responsables du projet, la réintégration scolaire des enfants retirés des mines contribue directement à l’assainissement de la chaîne d’approvisionnement du cobalt. Cette dynamique est présentée comme un levier à la fois social, économique et éthique pour le secteur minier congolais.
Les progrès enregistrés ont été confirmés par une enquête menée en 2024 par la Commission nationale des droits de l’homme. Toutefois, des inquiétudes subsistent quant à la poursuite du projet, notamment en raison de l’instabilité sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC.