Par Gloire Balolage
L’Alerte congolaise pour l’environnement et les droits de l’homme (ACEDH) a rendu public un nouveau rapport consacré à la situation des défenseurs de l’environnement et des droits fonciers en République démocratique du Congo, mettant en évidence une dégradation préoccupante de leur sécurité et de leurs libertés.
Dans ce document signé le 22 juin et consulté par la rédaction d’Opinion-info.cd, ce mardi 23 juin, l’organisation souligne le paradoxe de la République démocratique du Congo, souvent présentée comme un pays d’espoir pour la justice climatique et la transition énergétique, mais où les acteurs engagés dans la protection de l’environnement font face à de graves risques.
Selon l’ACEDH, ces défenseurs de la nature, des droits fonciers et des ressources forestières subissent diverses formes de violations, notamment des menaces, des persécutions, des poursuites judiciaires abusives, des arrestations arbitraires, des détentions illégales ainsi que des restrictions des libertés de réunion et d’expression, parfois jusqu’à des cas d’assassinats.
Le rapport de monitoring publié par l’Alerte congolaise pour l’environnement et les droits de l’homme couvre la période allant d’août 2025 à mars 2026 et s’appuie sur des données documentant les atteintes enregistrées durant ces mois.
Au total, 31 cas d’atteintes aux droits des défenseurs et militants climatiques et fonciers ont été recensés, dont 6 cas d’assassinats ou de meurtres ayant entraîné la mort de 12 défenseurs, 16 cas de poursuites stratégiques-bâillons, 2 cas d’enlèvements, ainsi que 3 cas de menaces de mort et d’arrestations arbitraires. Le rapport signale également 3 cas d’atteintes aux biens des aires protégées et un cas d’atteinte au droit de propriété.
Le document met aussi en lumière la criminalisation croissante des activités des défenseurs de l’environnement dans un contexte marqué par l’exploitation minière, forestière et foncière, où les tensions autour de l’accès aux ressources naturelles s’intensifient.
Au-delà des chiffres, l’ACEDH analyse les facteurs qui alimentent ces violations, identifie des auteurs présumés et souligne à la fois les efforts de résilience et les initiatives locales de protection mises en place par les communautés concernées pour défendre leurs droits face aux pressions.
Enfin, le rapport appelle les autorités nationales, les partenaires et les entreprises opérant dans le secteur extractif à renforcer leurs obligations de diligence raisonnable et à respecter strictement les droits humains.
Il formule également plusieurs recommandations, notamment améliorer la sécurité des défenseurs, garantir leurs droits fondamentaux et promouvoir une gouvernance foncière et environnementale plus transparente et inclusive.