Par Serge Mavungu
Une dépêche de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), parvenue ce vendredi à la rédaction d’Opinion-info.cd, rapporte qu’une délégation interinstitutionnelle composée de représentants du Kongo-Central.
Cette mission visait à s’enquérir d’un conflit foncier opposant le propriétaire du cimetière Kimberly à plusieurs particuliers, notamment la famille Nzenza, qui affirme être victime de spoliation de ses terres.
La descente sur terrain fait suite à une précédente mission d’enquête menée par la CNDH, saisie par des particuliers se présentant comme victimes d’une occupation de leurs propriétés par le propriétaire du cimetière Kimberly. À l’issue de cette première enquête, les services de la CNDH avaient établi un rapport appelant à une solution urgente afin d’éviter une éventuelle escalade du conflit.
C’est dans ce contexte que le président de la CNDH, Paul Nsapu, et la vice-ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Eugénie Tshiela Kamba, se sont rendus sur place, accompagnés notamment des services du Cadastre foncier.
« Nous avons enquêté sur une situation explosive d’un conflit parcellaire entre un propriétaire d’une concession et celui du cimetière Kimberly, ici à Kasangulu. Le propriétaire de cette concession, M. Nzenza Masamba, a saisi bon nombre d’autorités et responsables administratifs sans qu’aucune solution ne soit trouvée », a déclaré Paul Nsapu.
Selon le président de la CNDH, M. Nzenza Masamba et d’autres propriétaires des parcelles situées dans ce site affirment que leurs propriétés, qu’ils disent avoir acquises légalement, ont été occupées par le cimetière Kimberly.
« C’est dans ce cadre que la CNDH s’est saisie du dossier et a alerté les autorités du gouvernement », a-t-il précisé.
Paul Nsapu estime que le rapport ainsi que l’avis consultatif de la CNDH permettront au gouvernement de disposer des éléments nécessaires pour départager les parties conformément à la loi.
De son côté, la vice-ministre Eugénie Tshiela Kamba a assuré que le gouvernement allait poursuivre l’examen du dossier avec les ministères et services concernés.
« Nous sommes venus pour voir. Je suis heureuse que le Cadastre foncier soit représenté. Nous avons pris tous les éléments nécessaires, nous allons nous mettre au travail, ensemble avec les collègues d’autres ministères, pour pouvoir remettre chacun dans ses droits », a-t-elle déclaré.
Elle a également appelé les protagonistes à privilégier le calme et à ne pas céder aux provocations, en attendant qu’une solution soit trouvée.
Avant ces échanges, la délégation avait écouté les explications du chef du secteur de Diaki ainsi que celles du représentant du Cadastre foncier. Ce dernier a notamment présenté, à l’aide d’une carte géographique du village, les limites des différentes concessions et les éléments relatifs au litige.
La famille Nzenza affirme disposer de documents établissant ses droits sur la concession, dont l’acquisition remonterait à l’époque coloniale par le défunt père de la famille.
Au cours de la descente, la vice-ministre de l’Intérieur a également relevé la présence d’éléments de la police venus de Kinshasa et affectés à la garde du cimetière, pourtant situé dans la province du Kongo-Central. La question des documents détenus par ces policiers devrait également être examinée dans le cadre de la procédure engagée.
À travers cette mission, la CNDH et le gouvernement entendent ainsi contribuer à une résolution pacifique de ce conflit foncier, en attendant les conclusions des services compétents.