Par Denise Kyalwahi
L’évêque du diocèse de Butembo-Beni, Mgr Melchisédech Sikuli Paluku, hausse le ton face aux comportements susceptibles de favoriser la propagation de la maladie à virus Ebola. Il appelle la population à respecter scrupuleusement les mesures sanitaires, notamment l’interdiction de manipuler les corps de personnes décédées et testées positives au virus.
Le prélat a exprimé sa préoccupation lors de l’homélie prononcée, mercredi 12 août 2026, à l’occasion de la fête du bienheureux Isidore Bakanja, célébrée à l’église paroissiale qui lui est dédiée à Kiragho, à environ 9 kilomètres à l’ouest du centre-ville de Butembo.
S’adressant aux fidèles, Mgr Sikuli a insisté sur la nécessité de prendre au sérieux les recommandations sanitaires et d’éviter les comportements qui mettent toute la communauté en danger.
« Cessons d’être des connaisseurs sans connaissance, ne soyons pas ignorants. Si nous ne nous protégeons pas, nous allons tous mourir de cette épidémie », a-t-il lancé.
Dans une interview accordée par la suite, l’évêque s’est particulièrement indigné de la manipulation des corps considérés comme à risque. Il estime que les personnes qui s’exposent volontairement à ces dangers mettent également en péril leurs proches et l’ensemble de la communauté.
« Que cherchent-ils avec les corps ? (...) En les touchant, ils devraient savoir qu’ils s’exposent à un grand risque », a-t-il déclaré, appelant ceux qui prennent de tels risques à ne pas exposer ensuite d’autres familles à une éventuelle contamination.
Pour Mgr Sikuli, le non-respect des mesures de prévention constitue une grave menace pour la vie humaine. Il appelle la population à faire confiance aux recommandations des professionnels de santé.
« On vous dit que c’est dangereux, et vous, vous y allez en sachant que cela peut vous tuer et tuer d’autres aussi. C’est une atteinte à la vie humaine », a-t-il affirmé.
L’évêque rappelle que les mesures de prévention restent accessibles à tous : lavage régulier des mains, utilisation des produits recommandés et, surtout, absence de manipulation des corps à risque.
Il invite également la population à ne pas céder aux rumeurs ni à remettre systématiquement en cause les conseils des médecins et des autres professionnels engagés dans la riposte.
Cette nouvelle alerte ravive chez Mgr Sikuli le souvenir de la 10e épidémie d’Ebola qui avait durement frappé le Nord-Kivu et l’Ituri entre 2018 et 2020 et causé plus de 2 000 décès.
« Ça m’étonne que ça continue et qu’il y ait des victimes. Espérons qu’il n’y en aura pas davantage », a-t-il déclaré, appelant à éviter une nouvelle propagation de la maladie.
Le prélat assure par ailleurs qu’il continuera à sensibiliser la population malgré les critiques et les rumeurs qui avaient accompagné son engagement lors de la précédente épidémie.
Pour lui, la protection contre Ebola relève d’une responsabilité collective. Son message se veut donc à la fois sanitaire et pastoral : se protéger soi-même, c’est aussi protéger les autres et préserver la communauté face à une maladie potentiellement mortelle.