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RDC : Ève Bazaiba annonce une campagne permanente de solidarité nationale pour venir en aide aux 15 millions de congolais vulnérables

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La ministre Ève Bazaiba Masudi,  lors du briefing de presse du 13 août 2026 à la RTNC [photo d'illustration]
La ministre Ève Bazaiba Masudi, lors du briefing de presse du 13 août 2026 à la RTNC [photo d'illustration]

Par Serge Mavungu

Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, lancera officiellement, le 25 août prochain, la campagne permanente de solidarité nationale en République démocratique du Congo. L’annonce a été faite ce jeudi 13 août 2026 par la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, lors d’un briefing presse organisé au Studio Maman Angebi de la RTNC.

Selon la ministre, cette campagne vise à dynamiser et à susciter de nouveau chez les Congolais l’esprit et la culture d’entraide. Au-delà de la collecte de dons en nature ou en numéraire, l’initiative entend promouvoir l’amour du prochain, le patriotisme et la préoccupation pour les personnes confrontées aux difficultés.

« Nous voulons inculquer dans l’âme du Congolais l’amour, le patriotisme, les préoccupations, les soucis de la vie de l’autre », a expliqué Ève Bazaiba, déplorant une certaine indifférence qui gagnerait progressivement la société congolaise.

La campagne, qui débutera à Kinshasa, aura un caractère permanent et sera étendue à l’ensemble du territoire national. Les ressources mobilisées devront notamment contribuer à répondre aux besoins des populations vulnérables affectées par les différentes crises humanitaires que connaît le pays.

D’après la ministre, plus de 15 millions de Congolais se trouvent actuellement dans une situation de vulnérabilité. Elle attribue environ 60 % de ces situations aux chocs liés aux conflits, 25 % aux épidémies et 15 % aux aléas climatiques.

Les bénéficiaires ne seront toutefois pas limités aux personnes déplacées internes. Le dispositif devrait également concerner les veuves, les personnes du troisième âge, les personnes vivant avec handicap, les enfants de la rue, les orphelins ainsi que les indigents.

Une aide adaptée aux besoins des bénéficiaires

L’ambition affichée par le ministère va au-delà de l’assistance ponctuelle. Ève Bazaiba a expliqué que les réponses devront être adaptées aux profils des bénéficiaires et aux réalités de chaque zone.

Pour les personnes déplacées disposant de compétences professionnelles, notamment des enseignants, maçons ou ingénieurs, l’objectif sera de favoriser leur réinsertion et leur permettre de retrouver progressivement une activité.

La ministre a également évoqué la situation des enfants vivant dans la rue. Ceux-ci pourraient bénéficier de programmes d’encadrement, de rattrapage scolaire et de formation technique, afin de favoriser leur réinsertion et leur permettre de devenir autonomes.

Des mécanismes pour garantir la transparence

Face aux interrogations que pourrait susciter la gestion des contributions, le gouvernement entend mettre en place des mécanismes destinés à assurer la traçabilité et la transparence des ressources collectées.

Pour les dons en numéraire, la ministre a notamment évoqué la Caisse de solidarité nationale, tandis qu’un dispositif relevant de la Direction de la solidarité nationale sera chargé de la collecte des dons en nature.

Un comité de pilotage a également été institué. Il aura notamment pour mission d’orienter les ressources collectées, de déterminer les priorités et de suivre les besoins humanitaires afin d’assurer une meilleure distribution des dons. Ève Bazaiba a précisé que les membres de ce comité travailleront à titre bénévole, sans perception de jetons de présence.

La ministre a également insisté sur la nécessité de développer des mécanismes numériques permettant aux contributeurs de suivre les opérations et d’avoir une meilleure visibilité sur la mobilisation des ressources.

Le secteur privé et la diaspora sollicités

Pour assurer la pérennité de la campagne, le ministère compte également sur la mobilisation des entreprises, des fondations, des organisations patronales et de la diaspora congolaise.

Ève Bazaiba a indiqué avoir déjà engagé des contacts avec plusieurs entreprises et fondations susceptibles de contribuer à cette initiative. Elle a notamment évoqué des partenariats déjà développés pour accompagner certaines catégories de personnes vulnérables, dont des militaires ayant subi des amputations à la suite des conflits.

La ministre a par ailleurs annoncé la mise en place d’un mécanisme de reconnaissance des personnes physiques et morales qui s’engageront activement dans la solidarité nationale, notamment à travers un système de valorisation des « bons citoyens ».

Faire de la solidarité une culture nationale

Pour Ève Bazaiba, la solidarité nationale ne doit pas se limiter aux périodes de crise ou aux campagnes ponctuelles. Elle doit devenir une véritable culture, transmise notamment aux jeunes générations.

La ministre a également appelé à dépasser les clivages politiques. Selon elle, les divergences entre partis doivent pouvoir s’exprimer dans le cadre démocratique sans transformer les adversaires politiques en ennemis.

Elle compare cette logique à celle du sport : les joueurs peuvent appartenir à différents clubs, mais lorsqu’ils rejoignent la sélection nationale, ils défendent les mêmes couleurs.

De l’urgence humanitaire au développement

Au-delà de la réponse aux crises, la ministre a inscrit la solidarité nationale dans une vision plus large du développement de la RDC.

Elle a souligné la nécessité pour le pays de transformer ses ressources naturelles et son potentiel économique en bénéfices concrets pour la population. La paix et la sécurité restent, selon elle, des conditions essentielles pour permettre à l’État de consacrer davantage de moyens aux investissements dans des secteurs tels que l’énergie, l’industrie, l’agriculture et la valorisation des ressources du sol et du sous-sol.

Cette campagne intervient dans un contexte de baisse de l’aide humanitaire extérieure, qui, selon Ève Bazaiba, impose à la RDC de renforcer ses propres mécanismes de mobilisation des ressources et de solidarité.

Avec son caractère permanent, l’initiative entend ainsi installer un mécanisme durable d’entraide nationale, fondé à la fois sur la mobilisation citoyenne, la transparence dans la gestion des dons, la réinsertion des personnes vulnérables et la prise en charge des besoins prioritaires des populations.

Jeudi 13 août 2026 - 19:49