Par Don Benjamin Makolo
Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Me Christian Bosembe, plaide pour des mesures plus fermes contre les comptes TikTok jugés dangereux. Il s’est exprimé ce jeudi 13 août 2026 devant les manifestants de l’ASBL Téléma Mwana Mapinga, venus déposer un mémorandum sur les dérives observées sur les réseaux sociaux.
Christian Bosembe a notamment estimé que les Congolais vivant à l’étranger ne pouvaient pas se considérer comme étant dans une « zone de non-droit » lorsqu’ils utilisent les réseaux sociaux pour s’en prendre à la RDC.
« Les personnes qui sont parties à l’étranger pour obtenir des documents au nom du Congo ne peuvent pas, une fois à l’extérieur, insulter notre pays en toute impunité », a-t-il déclaré.
Le président du CSAC a également annoncé la mise en place d’une commission chargée de travailler sur cette question. Il a par ailleurs révélé que TikTok avait fait part, le même matin, de sa disponibilité à supprimer les comptes signalés comme dangereux. Une réponse jugée insuffisante par le CSAC.
« Supprimer un compte ne suffit pas, puisque la personne peut immédiatement en créer un autre », a expliqué Christian Bosembe.
Selon lui, l’institution entend transmettre aux plateformes les noms des personnes qui ne devraient plus pouvoir accéder à TikTok. Il affirme que près de 2 000 comptes ont déjà été signalés.
« Les plateformes, vous êtes responsables de ce qui nous arrive. Pour mettre un terme à cela, vous avez l’obligation de respecter votre modération et d’empêcher les personnes malveillantes d’utiliser vos plateformes », a-t-il insisté.
Christian Bosembe préconise ainsi, au-delà de la suppression des comptes, une mesure plus radicale : le retrait temporaire du droit d’accès à TikTok pour les utilisateurs concernés.
Il appelle également TikTok à s’inspirer de l’expérience du Kenya, en renforçant sa présence en RDC.
« Qu’ils viennent au Congo et s’y installent afin de créer des emplois pour les jeunes », a-t-il lancé.
Pour le président du CSAC, ces mesures doivent contribuer à mettre fin à la dérive observée sur TikTok et à responsabiliser davantage les plateformes numériques face aux contenus publiés par leurs utilisateurs.