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100 jours d’Ebola en RDC : MSF alerte sur une riposte qui peine à suivre la propagation de l’épidémie

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Un décès lié à Ebola est enregistré environ toutes les 30 minutes en RDC, selon MSF [photo d'illustration]
Un décès lié à Ebola est enregistré environ toutes les 30 minutes en RDC, selon MSF [photo d'illustration]

Par Prosper Buhuru

À l’approche des 100 jours depuis la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, Médecins Sans Frontières (MSF) tire la sonnette d’alarme. L’organisation estime que les communautés touchées ne bénéficient pas encore d’un soutien suffisant pour contenir la propagation du virus.

Dans un communiqué rendu public, ce lundi 24 août 2026, MSF affirme que l’épidémie, devenue la plus importante et la plus meurtrière de l’histoire de la RDC, continue de progresser dans des zones déjà fragilisées par les conflits, les déplacements, la violence et l’insécurité alimentaire.

Selon les données des autorités nationales citées , plus de 5 500 cas confirmés et plus de 2 600 décès avaient été recensés au 22 août. MSF souligne également qu’au cours de la semaine précédente, un décès lié à Ebola était enregistré environ toutes les 30 minutes.

Pour l’organisation, l’augmentation du nombre de lits dans les centres de traitement ne suffit pas. La priorité doit également être accordée au dépistage précoce, à l’isolement sécurisé des personnes malades et de leurs contacts, ainsi qu’à la formation et à la protection des professionnels de santé et des responsables communautaires.

« Cette épidémie continue de se propager, à un rythme que la réponse ne parvient pas à suivre », alerte le Dr Javid Abdelmoneim, président international de MSF, qui insiste sur la nécessité d’élaborer la riposte avec les communautés et non sans leur participation.

MSF révèle que plus de 60 % des décès liés à Ebola depuis le début de l’épidémie sont survenus en dehors des centres de traitement. Une situation qui, selon l’organisation, signifie que de nombreuses personnes meurent au sein de leurs communautés sans bénéficier à temps de soins adaptés, favorisant ainsi la transmission du virus.

L’organisation s’inquiète particulièrement de l’extension de l’épidémie au-delà de son épicentre en Ituri. Le Nord-Kivu fait notamment partie des zones où la mortalité demeure élevée, dans un contexte marqué par une forte méfiance à l’égard de la riposte.

Face à cette situation, MSF réclame un renforcement urgent des compétences locales. Les professionnels de santé et les responsables communautaires doivent être capables d’identifier rapidement les cas suspects, d’orienter les patients en toute sécurité et d’appliquer les mesures de prévention et de contrôle des infections.

En Ituri, notamment dans le camp de déplacés de Rho, près de Drodro, l’organisation travaille déjà avec les responsables communautaires. Ceux-ci sensibilisent les habitants aux symptômes d’Ebola, encouragent le recours rapide aux soins et contribuent à la prévention de la transmission dans ce camp qui accueille près de 50 000 personnes.

MSF intervient actuellement en Ituri, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, dans la Tshopo et au Haut-Uélé. Ses équipes gèrent six centres de traitement et des unités d’isolement représentant plus de 400 lits, tandis que plus de 1 400 membres de son personnel participent à la riposte.

L’organisation appelle enfin l’OMS, les agences des Nations unies, les organisations humanitaires et le ministère congolais de la Santé à généraliser rapidement la formation des acteurs de santé et des responsables communautaires afin de rapprocher la prise en charge des populations et de mieux contenir l’épidémie.

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Lundi 24 août 2026 - 12:46