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28 ans après Kasika, un cri d’alarme pour la justice en RDC

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Par Denise Kyalwahi

Depuis le Sud-Kivu, le cri d’un jeune se fait entendre : « Mon père n’est pas mort. Il a été tué. » Vingt-huit ans après le massacre de Kasika, dans la province du Sud-Kivu, cette phrase de Patrick Abdallah Mapenzi résonne comme un cri d’alarme contre l’impunité qui, selon lui, continue de marquer l’histoire récente de la République démocratique du Congo.

À travers son témoignage, Patrick revient sur la mort de son père, tué lors des violences qui ont frappé Kasika en août 1998. Pour lui, cette disparition ne peut être considérée comme une simple tragédie familiale. Elle renvoie à une période de violences massives dont les victimes et leurs familles continuent de réclamer vérité et justice.

« Mon père n’est pas mort. Il a été tué », écrit-il, estimant que cette distinction impose d’établir les circonstances de sa mort et les responsabilités qui en découlent.

Le massacre de Kasika s’inscrit dans le contexte de la deuxième guerre du Congo, commencée en 1998. Les violences commises durant cette période ont fait l’objet de nombreuses enquêtes et documentations, notamment dans le Rapport Mapping des Nations unies, qui recense des violations graves des droits humains commises en RDC entre 1993 et 2003.

Près de trois décennies plus tard, Patrick déplore toutefois que les victimes attendent toujours des réponses concrètes. Il s’interroge notamment sur les raisons pour lesquelles les responsabilités n’ont pas été pleinement établies et sur le fait que les recommandations visant à lutter contre l’impunité restent, selon lui, largement inappliquées.

Son cri dépasse le seul cas de son père. Il évoque les milliers de Congolais tués, déplacés ou victimes de violences sexuelles au fil des années, dans un pays toujours confronté aux conflits armés et à de graves violations des droits humains.

Pour Patrick, les cérémonies de commémoration et les initiatives mémorielles sont importantes, mais elles ne peuvent remplacer la justice.

Il réclame des enquêtes indépendantes, la protection des victimes et des témoins, l’identification des responsables ainsi que des réparations en faveur des survivants et des familles affectées.

« La mémoire sans justice reste incomplète », souligne-t-il, appelant les autorités congolaises et les acteurs internationaux à placer les victimes au centre des mécanismes de justice et de réparation.

À travers son témoignage, Patrick rappelle également que derrière les statistiques des guerres se trouvent des familles brisées, des enfants devenus orphelins et des survivants qui continuent de vivre avec les conséquences des violences.

Vingt-huit ans après Kasika, son message reste donc celui d’une famille qui refuse que la mort de son père soit réduite au silence : « Mon père n’est pas mort. Il a été tué. »

Pour les victimes de Kasika et d’autres massacres commis en RDC, la demande demeure la même : vérité, justice et réparations.

Lundi 24 août 2026 - 12:18