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Procès de la fille maltraitée : « la malade n’avait que deux heures pour vivre, notre médecin a essayé de faire ce qu’il a pu faire ... » (Médecin chef de staff du CNPP-Kinkole témoignant devant la Cour)

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Le Dr David Balanganayi, médecin au CNPP-Kinkole et sa défense, lors de son procès à Kinshasa, pour avoir agressé une accouchée [photo d’illustration]
Le Dr David Balanganayi, médecin au CNPP-Kinkole et sa défense, lors de son procès à Kinshasa, pour avoir agressé une accouchée [photo d’illustration]

Par Don Benjamin Makolo

Le procès lié à la vidéo choquante de violences post-partum survenue à l’Hôpital général de référence de Kinkole s’est poursuivi, devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Matete, ce lundi 30 mars 2026. À cette audience publique, le médecin chef de staff de l’établissement est venu apporter des éclaircissements sur les circonstances de l’intervention incriminée.

À la barre, ce dernier a d’emblée reconnu le caractère inacceptable des violences en milieu obstétrical, tout en appelant à contextualiser les faits.

« Les coups ne sont pas permis lors d’un accouchement. Mais dans le cas précis, la malade n’avait plus que deux heures pour vivre ; en réalité, le médecin a utilisé la force pour sauver sa vie », a-t-il déclaré devant la juridiction.

Selon ses explications, la patiente présentait une situation critique, marquée notamment par de graves déchirures des parties molles et une hémorragie sévère.

« Pour le cas de notre accouchée, avec des déchirures des parties molles, l’idéal pour lui sauver la vie est d’aller fermer le robinet. Parce que vous pouvez mettre du liquide, donner du sang, ça va continuer à couler et le malade va mourir », a-t-il soutenu.

Le praticien a également évoqué la complexité de la prise de décision dans un contexte d’urgence vitale, insistant sur les démarches normalement requises.

« On cherche le consentement éclairé du malade, le malade n’adhère pas. On fait associer les personnes influentes de son entourage, le malade n’adhère pas. On transfère », a-t-il expliqué, avant de préciser que dans ce cas précis, le temps manquait cruellement.

Il a révélé que la patiente avait un taux d’hémoglobine extrêmement bas, évalué à seulement 2 grammes, rendant toute attente fatale.

« Il faudrait essayer de voir … tout n’est pas permis, mais je pense que notre médecin a essayé de faire ce qu’il a pu faire pour sauver la vie de ce malade, surtout qu’il était dans une situation de nécessité », a-t-il affirmé.

Par ailleurs, le médecin chef de staff a dénoncé la lourdeur des procédures administratives en matière de transfert des patientes, qui peuvent aggraver les risques en situation d’urgence.

« Pour référer une accouchée, vous devez obtenir l’autorisation des ambulanciers du Fonds de Promotion de la Santé … Les procédures administratives longues peuvent concourir à ce que le malade perde sa vie », a-t-il regretté.

Tout en défendant l’intention du médecin poursuivi, il a conclu en rappelant l’importance des normes en matière de soins obstétricaux.

« Nous devons savoir qu’en notions de maternité, nous parlons de soins de maternité respectueux … », a-t-il insisté.

Ce procès, très suivi par l’opinion publique, relance le débat sur les limites de l’intervention médicale en situation d’urgence, ainsi que sur le respect des droits et de la dignité des patientes dans les structures sanitaires de la République démocratique du Congo.

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Lundi 30 mars 2026 - 15:59