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RDC : Dieudonné Nkishi s’oppose à l’intégration de l’AFC/M23 et de Joseph Kabila au dialogue national

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Dieudonné Nkishi,  coordonnateur national du Front Anti-Dialogue en RDC [photo d'illustration]
Dieudonné Nkishi, coordonnateur national du Front Anti-Dialogue en RDC [photo d'illustration]

Par Serge Mavungu

Dans une lettre ouverte adressée à Delly Sesanga Hipungu, président national d’Envol et député national honoraire, Dieudonné Nkishi, président national initiateur de Congo Positif et coordonnateur du Front Anti-Dialogue, rejette l’idée d’associer l’AFC/M23 et Joseph Kabila à un dialogue national.

Dieudonné Nkishi réagit aux déclarations de Delly Sesanga, selon lesquelles un dialogue ne serait crédible sans la participation du président honoraire Joseph Kabila et de l’AFC/M23, affirmant : "Comment traiter la question de la guerre sans discuter avec ceux qui la font ?"

Défendre la Constitution ne peut consister à légitimer ceux qui la violent par les armes

Pour Dieudonné Nkishi, ce raisonnement crée une confusion entre la recherche de la paix et la consécration de la violence comme mode d’accès au débat politique. 

"Dans tout État de droit, le dialogue est un instrument de consolidation de la démocratie ; il ne peut devenir une récompense accordée à ceux qui prennent les armes contre la République", écrit-il.

Il s’interroge sur la revendication politique exacte de Joseph Kabila qui justifierait sa participation sous la pression des armes.

Le coordonnateur du Front Anti-Dialogue rappelle que l’intégration répétée des groupes armés sans reddition de comptes a entretenu un "cycle de rébellion rentable". Pour lui, la paix durable repose sur la justice, les institutions et la responsabilité, et non sur la récompense de la violence.

Un risque de précédent dangereux pour la Constitution

Dieudonné Nkishi appuie son argumentaire sur la Constitution du 18 février 2006. Il cite l’article 5 sur la souveraineté du peuple, l’article 63 sur le devoir de défendre la patrie, et l’article 64 sur le devoir de faire échec à toute prise anticonstitutionnelle du pouvoir.

Reconnaître une place privilégiée à l’AFC/M23 autour de la table du dialogue "revient à créer un précédent extrêmement dangereux : celui selon lequel la force militaire deviendrait un moyen légitime d’obtenir une reconnaissance politique", estime-t-il.

Il met également en garde contre un "mécanisme d’incitation" pour les générations futures : si l’on dialogue avec ceux qui ont pris les armes, quel message envoie-t-on ? Que la violence est plus efficace que les élections ?

Conclusion : la paix ne peut se faire au prix de la Constitution

Dieudonné Nkishi conclut que le peuple congolais mérite des réponses claires. Il demande que toute revendication soit examinée dans le cadre des institutions prévues par la Constitution, et non sous la pression d’une guerre.

"Aucune démocratie solide ne peut accepter que les armes deviennent un mode d’accès à la parole politique. La paix est une nécessité. Mais elle ne peut être construite au prix de la Constitution", a-t-il tranché.

Jeudi 23 juillet 2026 - 20:51