Par Patrick Kitoko
L’ancien porte-parole du gouvernement congolais sous la présidence de Joseph Kabila, Lambert Mende, a déclaré avoir été « manipulé » durant les douze années où il occupait cette fonction, estimant avoir relayé un discours officiel qui présentait le Rwanda comme le principal ennemi de la République démocratique du Congo.
S’exprimant sur cette question, l’actuel membre de l’Union sacrée de la Nation a expliqué qu’à l’époque, il défendait la position du gouvernement en se fondant sur les informations communiquées par les plus hautes autorités de l’État. Selon lui, ce n’est qu’après le départ de Joseph Kabila du pouvoir qu’il a constaté un changement radical de discours de l’ancien président, qu’il accuse désormais de « banaliser l’agression rwandaise ».
Lambert Mende qualifie cette évolution de « virage à cent quatre-vingts degrés », estimant qu’elle démontre qu’il a été induit en erreur alors qu’il assumait la responsabilité de porte-parole du gouvernement.
Pour illustrer son propos, il a comparé le chef de l’État à « une girafe qui a le cou très long », expliquant qu’un président dispose d’une vision plus large grâce aux informations fournies par les services de renseignement, les forces de sécurité et l’armée placés sous son autorité. Dans ce contexte, il considère qu’avoir été « manipulé » ne constitue « rien de honteux », mais relève d’un simple constat fondé sur les responsabilités et les informations auxquelles un porte-parole a accès.
L’ancien ministre a également affirmé qu’il adopterait la même position à l’égard de l’actuel président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, si ce dernier venait un jour à tenir un discours en contradiction avec les positions qu’il défend aujourd’hui sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.