Par Bijou NDJODJI BATEKO
Il est de notoriété publique que la diaspora africaine, rd-congolaise comprise, a toujours été hostile à ses dirigeants considérés comme les laquais des impérialistes. Difficile, voire impossible qu'une telle diaspora, en cas d'élections, puisse voter ses dirigeants déjà exécrés. Surtout massivement, comme cela vient d'être le cas avec la victoire électorale écrasante de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo au sein de la diaspora rd-congolaise. Ainsi, le fils Tshisekedi vient de démystifier les Congolais. Mais aussi et surtout de démythifier ce mythe selon lequel la diaspora africaine a abhorré et vomi tous ses dirigeants. Preuve que ces premières tendances de la Centrale électorale constituent, à n'en point douter, les signes précurseurs d'une victoire électorale écrasante battant pavillon FATSHI 20.
FATSHI, l'exception
S'il est vrai, ce qui est d'ailleurs le cas, que la diaspora africaine déteste tous ses dirigeants, pour la simple raison que ces derniers sont des vrais valets des Occidentaux, c'est que Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, au regard de sa victoire à la présidentielle rd-congolaise de 2023 au sein de la diaspora, vient de faire l'exception qui confirme la règle générale.
Car, qui l'eut cru ? Il est non moins certain que même Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et toute son USN -Union sacrée de la Nation- doutaient d'une telle plébiscite de la part de la diaspora rd-congolaise réputée hostile aux régimes en place depuis Mobutu.
C'est ce qui justifie même, selon certains analystes objectifs, les incertitudes qui se traduisaient par les hésitations et balbutiements de l'administration Tshisekedi, dans l'organisation des élections. Au point que la CENI -Commission électorale nationale indépendante-, indépendamment de sa bonne volonté, vient d'organiser les plus chaotiques des élections que la RDC -République démocratique du Congo- aient connues depuis 2006.
Décidément, si l'administration Tshisekedi jouissait du don d'ubiquité, pour savoir déjà d'avance que ces scrutins jouaient en sa faveur, elle aurait dû faciliter la tâche à la Centrale électorale, pour organiser de bonnes élections.
Facteurs en faveur de FATSHI
Si la présidentielle de 2023 est à la portée du Président sortant, trois (3) facteurs ont joué en sa faveur.
D'abord, le manque des opposants de taille qui puissent le concurrencer dans l'opinion publique, en proposant une alternative qui force et impose incontestablement une alternance au sommet de l'État.
L'instabilité notoire des opposants, à quelques exceptions près, a ouvert un boulevard à Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Ensuite, c'est le fait que Moïse Katumbi ait été présenté à l'opinion publique rd-congolaise comme «l'allié de Paul Kagame et candidat des étrangers».
Dans un électorat rd-congolais hostile à un Paul Kagame présenté comme assassin des Congolais, ainsi qu'agresseur et l'un des auteurs de la balkanisation du Congo, Moïse Katumbi ne pouvait pas avoir de la chance auprès de la diaspora rd-congolaise.
Pourtant, sur le terrain, compte tenu notamment de sa capacité mobilisatrice pendant la campagne électorale, c'est lui, Katumbi, qui, visiblement, était considéré comme le principal challenger, si pas le seul, de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, prêt même à détrôner le Président sortant et candidat à sa propre succession.
Enfin, c'est surtout le fait d'avoir redonné de la valeur aux Congolais de la diaspora, en leur rendant leur souveraineté longtemps perdue. Cela, grâce à l'organisation de la présidentielle au niveau de la diaspora.
Une fierté pour ces Congolais de la diaspora, qui, longtemps vilipendés dans leurs secondes patries respectives, se sont vus comme rétablis dans leurs droits les plus légitimes de souverain primaire, en allant exprimer leur souveraineté dans les urnes par le choix libre de leur Président de la République.
Quoi de plus normal qu'en guise de gratitude, ces Congolais de la diaspora plébiscitent leur bienfaiteur !
De la forme au fond
Les résultats de la présidentielle au niveau de la diaspora rd-congolaise, que la Centrale électorale a publiés comme les premières tendances, ne constituent pas grand chose en termes de pourcentage, comparé au grand électoral de Kinshasa et du Congo profond.
Pour autant, certains analystes avisés supputent pour soutenir que, néanmoins, ces résultats de la diaspora refléteraient ceux de la ville capitale et de l'intérieur du pays.
Comme qui dirait que ces résultats de la diaspora annoncent déjà ce que sera la suite des événements, jusqu'à la fin, avec la publication des résultats provisoires par la CENI et définitifs par la Cour constitutionnelle.
Ils en veulent pour preuve les quelques résultats de Kinshasa, qui se chuchotent déjà à l'oreille dans la ville haute, quoique la CENI ne les ait pas encore confirmés dans la livraison de ses premières tendances.
Seulement, ces analystes soutiennent que si jamais le fils de l'opposant historique remporte à Kinshasa, c'est que Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo va encore démythifier le mythe selon lequel la ville capitale est le bastion de l'opposition.
La diaspora rd-congolaise est, pour ces analystes, la forme dont le fond se trouve être Kinshasa et le Congo profond.
José Nawej d'heureuse mémoire n'a-t-il pas dit que la forme est l'expression du fond ?