Par Prehoub Urprus
Sous un ciel calme mais chargé de symboles, 117 détenus de la prison centrale de Kangwayi, à Beni, au Nord-Kivu, ont vu s’ouvrir les portes de leur liberté, mardi 08 mars 2025. C’est, en effet, une grâce présidentielle qui change des vies et allège un système carcéral à bout de souffle.
Mais au-delà de l’acte administratif, un message fort a été lancé. Le Gouverneur de province, Général-major Kakule Somo Evariste, n’a pas mâché ses mots face aux bénéficiaires de cette libération : "Ce n’est pas un oubli. Ce n’est pas un effacement. C’est une seconde chance. À vous de prouver que vous la méritez", martèle-t-il.
Parmi les libérés, plusieurs militaires, aussitôt conduits au centre de formation de Nyaleke. Là, ils passeront par une phase de réidentification avant toute éventuelle réintégration dans les rangs des FARDC.
Dans le même élan, le gouvernement provincial a posé un geste humanitaire envers ceux qui restent : des vivres ont été remis à la direction de la prison. Un petit soulagement dans cet espace prévu pour 250 personnes, mais qui en abrite plus de 1.200.
L’initiative, au-delà du geste de clémence, veut redonner sens à la réinsertion. "Sortez, mais ne revenez plus par ici", semble dire l’institution. Le chemin est encore long, mais pour ces 117 ex-détenus, il débute maintenant, avec les regards de toute une société tournés vers eux.