Beni : 41 personnes libérées de l’influence des ADF remises à la société civile

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Des ex-otages de terroristes ADF remis à la société civile de Beni au Nord-Kivu
Des ex-otages de terroristes ADF remis à la société civile de Beni au Nord-Kivu

Par Prehoub Urprus 

Les FARDC -Forces armées de la République démocratique du Congo- ont officiellement remis, ce vendredi 11 avril 2025, 41 personnes, à la société civile urbaine de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Derrière ce chiffre, autant d’histoires bouleversantes, de douleurs silencieuses et d’espoirs renaissants.

Dans le groupe remis aux autorités civiles se trouvaient d’anciens otages, des collaborateurs présumés des ADF, mais aussi des ex-combattants ayant choisi de déposer les armes. Tous ont été récupérés ou capturés lors des opérations militaires conjointes menées par les FARDC et l’armée ougandaise dans la région.

Treize femmes figurent parmi les personnes libérées. Certaines ont été enlevées lors d’attaques rebelles, d’autres enrôlées de force, parfois très jeunes. Djuma Alimasi Kamili, originaire de Baraka, raconte son parcours : "On m’avait promis un travail dans une boutique. Je me suis retrouvé dans les forêts de Mamove. J’ai participé à neuf attaques avant de fuir il y a quatre mois, dans la vallée de la Lindi, où se trouvait Abuakasi."

Parmi les rescapées, trois femmes burundaises. Leur destin les a conduites au cœur des ténèbres des ADF, loin de leur pays natal. Aujourd’hui confiées à une ONG pour faciliter leur retour au Burundi, l’une d’elles confie, les larmes aux yeux : "Revoir ma famille, c’est tout ce que je souhaite."

Pour le Lieutenant-Colonel Mak Hazukay, porte-parole des opérations Sokola 1 grand-nord, ces remises marquent une avancée. Il réaffirme la volonté ferme des FARDC, soutenues par l’UPDF, de neutraliser complètement les ADF et de ramener la paix dans la région.

Du côté de la société civile, l’heure est à la reconnaissance et à l’appel à l’humanité. Me Pépin Kavotha, président de la coordination urbaine de cette structurecitoyenne, invite la population à accueillir ces personnes avec dignité : "Ce sont nos frères et sœurs. Il ne faut ni les juger, ni les rejeter."

À Beni, ce jour-là, des silhouettes marquées par la souffrance ont franchi une étape. Celle du retour à la vie.

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Vendredi 11 avril 2025 - 17:41