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Ouganda : une défenseuse congolaise des droits humains menacée après des dénonciations à Nakivale

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La DDH Neema Serutoke,  coordonnatrice de l’organisation CPPFE
La DDH Neema Serutoke, coordonnatrice de l’organisation CPPFE

Par Prosper Buhuru

Une défenseuse congolaise des droits humains, Neema Serutoke Claudine, coordonnatrice de l’organisation CPPFE -Conseil pour la Protection et la Promotion des Femmes et des Enfants-, se trouve actuellement dans une situation de vulnérabilité sécuritaire extrême au camp de réfugiés de Nakivale, en Ouganda, où elle est admise depuis le 15 décembre 2025, fuyant la guerre du M23-AFC au Nord-Kivu, dans l’est de la RDC -République démocratique du Congo-. 

Selon plusieurs alertes émanant de défenseurs des droits humains, Neema Serutoke fait l’objet de menaces persistantes après avoir dénoncé, à travers une lettre ouverte, des violations graves des droits humains visant des réfugiés dans ce camp, en particulier des femmes et des enfants. Ces dénonciations porteraient notamment sur des faits d’abus, d’exploitation et de mauvais traitements.

D’après les informations recueillies, un incident survenu le 31 janvier 2026 aurait aggravé sa situation. Alors qu’elle tentait d’intervenir en faveur d’un réfugié victime de torture présumée, son téléphone a été confisqué de force, et elle aurait échappé de justesse à une arrestation. Depuis lors, la défenseuse vit en clandestinité, craignant pour sa sécurité.

Dans un message adressé à la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) de la République démocratique du Congo, Neema Serutoke affirme subir des intimidations répétées, des pressions psychologiques, ainsi qu’un retrait de l’assistance humanitaire, la laissant sans protection ni soutien dans le camp. Elle indique également que sa localisation est partiellement connue ; ce qui renforce son sentiment d’insécurité.

La défenseuse interpelle directement les autorités congolaises compétentes, rappelant que la mission de protection des droits humains des citoyens congolais s’étend également aux situations de détresse à l’étranger. Elle appelle à une mobilisation urgente, impliquant notamment la CNDH, les ministères concernés, la société civile et les organisations internationales de protection des défenseurs des droits humains.

À ce stade, aucune réaction officielle des autorités ougandaises ou congolaises n’a été rendue publique. Toutefois, plusieurs acteurs de la société civile estiment que cette situation requiert une attention immédiate, dans le respect des mécanismes diplomatiques et humanitaires, afin de garantir la sécurité de la défenseuse et de prévenir toute atteinte supplémentaire à ses droits fondamentaux.

Ce cas relance, une fois de plus, la question de la protection des défenseurs des droits humains en contexte de déplacement forcé, particulièrement dans les camps de réfugiés, où les mécanismes de recours et de sécurité restent souvent fragiles.

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Jeudi 5 février 2026 - 19:50