Breaking News

RDC : l'épidémie d'Ebola ne recule pas mais se déplace, selon MSF, qui met en garde contre un relâchement de la riposte

Catégorie
Image
Des agents de santé prennent en charge un patient dans le cadre de la riposte contre Ebola en RDC [photo d’illustration]
Des agents de santé prennent en charge un patient dans le cadre de la riposte contre Ebola en RDC [photo d’illustration]

Par Gloire Balolage

L'épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) reste préoccupante malgré certains signes pouvant laisser croire à un ralentissement de la situation. Médecins Sans Frontières (MSF) estime que la baisse des admissions dans certains centres de traitement Ebola (CTE) et le ralentissement de la transmission observé dans certaines zones ne suffisent pas à conclure que l'épidémie est maîtrisée. L'organisation alerte notamment sur l'apparition de nouveaux cas dans des zones où les dispositifs de riposte demeurent encore insuffisants.

Ceci est contenu dans un communiqué de MSF rendu public ce vendredi 18 septembre et consulté par la rédaction d'Opinion-Info.cd. Dans ce document, l'organisation souligne que la course pour contenir l'épidémie est loin d'être terminée. Elle relève que, pendant que les dispositifs de réponse restent incomplets dans certains foyers historiques, de nouveaux cas continuent d'apparaître et de se propager vers des zones moins préparées, ce qui complique davantage les efforts visant à maîtriser la maladie.

Selon Anthony Kergosien, coordinateur des urgences de MSF à Bunia, en Ituri, considérer l'épidémie comme étant sous contrôle simplement parce que certains CTE accueillent moins de patients constituerait une erreur. Il indique que la situation semble actuellement ralentir en Ituri, qui constituait l'épicentre initial de l'épidémie, mais précise qu'à l'échelle nationale, le nombre de nouveaux cas n'a pas diminué. MSF estime ainsi que l'épidémie ne recule pas, mais qu'elle se déplace vers d'autres territoires.

L'organisation cite notamment le Sud-Ubangi, désormais présenté comme la septième province touchée par l'épidémie, ainsi que le Nord-Kivu, qui représente désormais près de la moitié des nouveaux cas confirmés. MSF fait également état d'une forte hausse du taux de positivité observée ces derniers jours dans cette province. Dans le même temps, l'organisation estime que des chaînes de transmission non détectées semblent déjà s'installer dans les principaux foyers de l'épidémie, tandis que sa progression vers de nouvelles zones, où les capacités de préparation et de réponse sont plus limitées, constitue un risque majeur pour la maîtrise de la situation.

La RDC fait actuellement face, selon MSF, à la plus grande épidémie de maladie à Ebola jamais enregistrée dans le pays. Depuis le mois de mai, plus de 7 200 cas confirmés et 3 500 décès ont été rapportés. L'organisation estime toutefois que le bilan réel pourrait être plus élevé en raison des lacunes persistantes dans la surveillance et la détection des cas. Pour adapter sa réponse à l'évolution de l'épidémie, MSF indique déployer du personnel et des ressources au sein d'équipes de réponse rapide.

Ces équipes interviennent notamment dans la détection précoce des cas, l'observation et la prise en charge des patients, ainsi que dans les activités de prévention et de contrôle des infections. Elles participent également au suivi des contacts, à la surveillance épidémiologique et à l'engagement communautaire. D'après Anthony Kergosien, cette stratégie doit permettre de détecter et de contenir rapidement les nouveaux foyers de transmission avant qu'ils ne se transforment en flambées de grande ampleur dans des zones ne disposant pas encore de capacités suffisantes de réponse.

 

À Bambu, où une équipe de réponse rapide de MSF est actuellement déployée, l'organisation décrit un système de santé déjà fortement sollicité par un sous-financement chronique, le manque de personnel et de faibles capacités de référencement des patients. MSF estime que l'épidémie pousse ces structures fragiles au-delà de leurs limites. Ses équipes assurent ainsi une réponse de première ligne afin de répondre aux besoins les plus urgents, dans l'attente d'un renforcement de la réponse globale.

MSF souligne toutefois qu'elle ne peut pas, à elle seule, répondre à l'expansion de l'épidémie. L'organisation juge indispensable un renforcement significatif du soutien opérationnel des agences des Nations unies, notamment de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle appelle à une mobilisation plus réactive et plus globale pour renforcer l'ensemble des piliers de la riposte à Ebola, particulièrement dans les zones éloignées des principaux centres opérationnels où les capacités restent limitées.

Selon MSF, ce soutien permettrait à ses équipes de se concentrer sur le déploiement rapide dans les zones où de nouveaux foyers apparaissent, tout en garantissant aux communautés affectées l'accès aux services nécessaires pour contenir l'épidémie.

Étiquettes
Vendredi 18 septembre 2026 - 17:08