Par Don Benjamin Makolo
Dans une vidéo largement diffusée sur ses comptes officiels, le boxeur congolais Martin Bakole est sorti de son silence pour répondre frontalement aux récentes déclarations de Tony Yoka. Un message musclé, mêlant mise en garde sportive, reproches personnels et questionnements sur l’identité et l’attachement national.
Visiblement agacé, Bakole n’a pas mâché ses mots. « Tu ouvres ta sale bouche que tu vas battre Martin Bakole. Mon petit ! Tu vas souffrir ! Tu rentreras chez toi avec des côtes cassées. »
Le poids lourd congolais affirme ne pas comprendre le changement d’attitude de son rival, qu’il accuse d’avoir adopté un ton haineux après leur confrontation. « Avant notre combat, je t’ai envoyé un message d’amour disant : “Tony, je t’aime”. Je croyais dans la fraternité congolaise. Alors que tu étais un vrai haineux de mauvais goût comme ça ? »
« Je t’ai battu selon les règles de l’art ». Bakole insiste sur la légitimité de sa victoire, estimant avoir révélé le véritable niveau de son adversaire sur le ring : « Il faut reconnaître que je t’ai battu selon les règles de l’art. J’ai montré à la face du monde ton vrai niveau de boxe. »
Il rappelle également le contexte du combat, disputé devant un public majoritairement acquis à la cause de Yoka : « Tu as oublié que c’était chez toi. Tout le stade te soutenait. Moi, j’étais seul avec ma famille restreinte et mes entraîneurs. »
Dans son intervention, Bakole évoque aussi une ancienne critique du rappeur Booba à l’égard de Yoka, soulignant que, selon lui, leur affrontement constituait le premier véritable test de haut niveau pour le Français.
Au-delà de l’aspect purement sportif, Bakole a élargi le débat à la question de la double nationalité et de l’attachement au pays d’origine. Il rappelle fièrement porter les couleurs de la République démocratique du Congo lors de ses combats à l’étranger, même s’il réside et s’entraîne en Écosse. « Lorsque je vais à l’étranger pour combattre, j’y ramène toujours le drapeau de mon pays, la République démocratique du Congo. Même si je réside en Écosse, cela ne veut pas dire que je suis écossais. »
Il interroge publiquement son rival : « Le jour du combat, si tu montes sur le ring, tu auras quel drapeau avec toi ? »
Pour appuyer son propos, Bakole cite l’exemple de Lennox Lewis, boxeur à la double culture canadienne et britannique, qui, selon lui, a toujours su afficher son attachement à ses origines.
Enfin, Bakole a évoqué la récente visite de Yoka à Kinshasa, affirmant qu’il s’agissait d’un premier séjour tardif au pays de ses ancêtres, tout en mettant en avant ses propres liens réguliers avec la capitale congolaise. « Tu viens pour la première fois à plus de 30 ans et tu viens nous vanter la nationalité congolaise. C’est une grosse honte ! »
Des déclarations qui relancent clairement la rivalité entre les deux poids lourds. Au-delà des mots, c’est désormais sur le ring que les observateurs attendent une éventuelle suite à cette confrontation verbale.