RDC: Patrick Muyaya et Bintou Keita dressent un bilan positif de la MONUSCO et évoquent les conditions de retrait des troupes onusiennes

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Bintou Keita, Représentante du Secrétaire général de l'ONU, et Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais
Bintou Keita, Représentante du Secrétaire général de l'ONU, et Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais

Par Gabin K. 

Comme à l’accoutumée, Patrick Muyaya Katembwe, ministre congolais de Communication et médias, a été devant la presse en vue de briefer, par elle, la population sur le partenariat stratégique entre la RDC et la MONUSCO, dont le mandat a été prorogé d’une année. Bintou Keita, représentante du Secrétaire général de l’ONU, a naturellement été l’hôte de Muyaya. Ensemble, ils ont affirmé que le bilan de la MONUSCO est loin d’être un échec.

«Non, il ne faut pas considérer que la MONUSCO a échoué… Il y a sûrement des choses qui n’ont pas été bien faites avec la MONUSCO, mais je pense pas qu’il ne s’agit pas d’un échec tel qu’on en parle», a dit le porte-parole du gouvernement congolais, fustigeant le fait que «très souvent lorsque l’on parle de la RDC ou même de la Mission des Nations Unies en RDC, on le regarde sous le prisme de ce qui ne marche pas. Mais, il y a des progrès qui ont été accomplis». 

Muyaya a, de ce fait, insisté sur l’adoption d’un «nouveau narratif». De ce point de vue, il a été paraphrasé par la cheffe de la MONUSCO qui, en outre, a passé en revue quelques actions bénéfiques menées par les troupes onusiennes, non sans s’en prendre au discours nihiliste et extrémiste consistant à méconnaitre d’énormes efforts consentis par les Casques pour le maintien de la paix en RDC. 

«Je sais que chaque tuerie remet en cause tout le travail fait par la mission. Mais, je voudrais rappeler qu’il y a plus de 80.000 personnes qui sont gardées 24h/24 7jours/7 par les Casques bleus. Il y a plus d’un million de personnes qui sont bénéficiaires des appuis de la Mission et aussi à travers l’assistance humanitaire. Très clairement, il faut revisiter le narratif par rapport à ces 20 ans où il n’y a rien», a appelé Bintou Keita, révélant, dans son mot introductif, que son «objectif principal» est de «créer les conditions nécessaires à un départ définitif des Casques bleus de la RDC». Et ce, en dépit du fait que «les populations de l’Est continuent d’être victimes de la violence des groupes armés étrangers et nationaux».  

Pour parvenir au départ définitif des forces onusiennes présentes sur le sol depuis plus de deux décennies, Bintou Keita a dit travailler, avec les autorités et les partenaires, sur des «fondamentaux» devant aboutir à la création d’un «environnement protecteur». Selon ses propos, un environnement protecteur signifie : 

- des policiers en mesure d’assurer le maintien de l’ordre partout ;

- des militaires dédiés à la défense des frontières après avoir neutralisé les groupes armés nationaux et étrangers ;

- une justice disponible pour régler les différends de manière pacifique et mettre fin à l’impunité ;

- des services sociaux de base, éducation et santé en tête, accessibles à tous.

A en croire la représentante du SG de l’ONU, c’est seulement dans ces conditions que la MONSUCO envisage «partir de manière responsable et durable».  

En plus d’exprimer sa compassion envers les populations victimes de l’attaque à la bombe à Beni au soir de la Noël, Bintou Keita a formulé des vœux de «paix, réconciliation communautaire, cohésion sociale, renforcement de la démocratie, prospérité et développement» au peuple Congolais à qui elle assure la ferme volonté des «Nations Unies pour l’accompagner aujourd’hui et demain sur le chemin de la paix, de la prospérité et du développement».