Par Prosper Buhuru
La congresswoman américaine Sara Jacobs est intervenue, mardi 10 février 2026, à Washington, lors d’une audition publique du sous-comité Afrique du Comité des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, pour contester frontalement les déclarations du Président américain, affirmant avoir mis fin à la guerre entre la République démocratique du Congo et le Rwanda.
Devant ses collègues et un panel d’experts non gouvernementaux, l’élue démocrate a dressé un tableau alarmant de la situation sécuritaire et humanitaire en RDC. Elle a rappelé que le pays compte actuellement 7,3 millions de déplacés internes, plus de 7 000 personnes tuées pour la seule année 2025 et près de 26 millions de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.
Sara Jacobs s’est dite « offensée » par les propos du Président américain annonçant la fin du conflit. Selon elle, les faits sur le terrain démontrent qu’« il n’y a, en réalité, aucune paix ni stabilité ». Elle a cité la prise d’Uvira, intervenue cinq jours après la signature des Accords de Washington, comme preuve de la fragilité du processus en cours.
L’élue a également dénoncé la persistance des violences sexuelles liées au conflit, qu’elle qualifie d’épidémiques, ainsi que l’impunité dont bénéficieraient leurs auteurs, citant notamment le M23-AFC, d’autres groupes armés et certaines forces militaires.
Sur le plan diplomatique, Sara Jacobs a critiqué le manque de consultations et l’exclusion de la société civile du processus de paix. Elle a averti que cette omission pourrait compromettre la viabilité des accords. S’appuyant sur des études internationales, elle a souligné que l’implication de la société civile réduirait significativement le risque d’échec des accords avant leur mise en œuvre.
Elle a, par ailleurs, affirmé que les engagements pris par les parties n’ont pas été respectés. Selon ses déclarations, le Rwanda continue de soutenir le M23-AFC et de maintenir plusieurs milliers de soldats dans l’est de la RDC, tandis que l’Armée congolaise poursuit, selon des rapports, sa collaboration avec les FDLR, en contradiction avec les engagements souscrits.
Face à cette situation, la congresswoman a exhorté l’administration américaine à appliquer des mesures de redevabilité et à envisager de nouvelles sanctions contre les acteurs qu’elle accuse de saboter la paix. Pour elle, les Congolais « n’ont pas le temps d’attendre » et des actions immédiates s’imposent pour remettre le processus sur les rails.