Kinshasa : les ministres Ngefa et Gisaro s’attaquent aux déguerpissements illégaux liés au phénomène « Folio »

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Le ministre d'État, ministre de la justice et garde des sceaux Guillaume Ngefa et celui de l'urbanisme et habitat Alexis Gisaro
Le ministre d'État, ministre de la justice et garde des sceaux Guillaume Ngefa et celui de l'urbanisme et habitat Alexis Gisaro

Par Patrick Kitoko

La lutte contre les dérives dans le secteur de l’urbanisme et de l’habitat franchit un nouveau cap. Réunis à la Gombe, les ministres d'État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, et celui de l'Urbanisme et de l'Habitat, Alexis Gisaro, ont fermement dénoncé un déguerpissement jugé illégal, attribué au phénomène dit « Folio ». Selon les deux membres du gouvernement, ce système repose sur des réseaux organisés produisant de faux jugements ou exploitant frauduleusement des décisions judiciaires pour s’approprier des parcelles. Ces pratiques entraînent des expulsions arbitraires de citoyens, souvent sans respect des procédures légales, ni des droits fondamentaux des occupants.

Face à cette situation, les autorités annoncent des poursuites en flagrance contre les auteurs présumés. L’objectif affiché est clair : démanteler ces réseaux mafieux, restaurer l’autorité de l’État et sécuriser les biens publics et privés.

Cette affaire met en lumière une réalité bien connue de nombreux Congolais : l’insécurité foncière et les conflits liés à l’urbanisme. Dans plusieurs communes de la capitale et à travers le pays, des citoyens se retrouvent confrontés à des décisions judiciaires contradictoires, à des titres de propriété contestés ou à des expulsions soudaines. Le phénomène « Folio » s’inscrit dans un ensemble plus large de dysfonctionnements, où la corruption, la falsification de documents et les lenteurs judiciaires aggravent les litiges fonciers.

Il n’est pas rare de voir une même parcelle attribuée à plusieurs personnes, chacune munie de documents apparemment valides. Notons qu’un déguerpissement violent et illégal a été stoppé par le ministre d’État de la Justice et celui de l’Urbanisme et de l’Habitat. Nous sommes au croisement des avenues de la Gombe et du Haut-Commandement, immeuble ATF. Une injonction a été donnée aux instances judiciaires et un procès en flagrance sera ouvert.

L'immeuble ATF est une propriété de l’État congolais depuis l’indépendance. En 1975, il sera mis à la disposition de la coopération française pour 25 ans. En 2000, l’Ambassade de France l’a restitué officiellement à l’Urbanisme, explique le directeur du cabinet du ministre d’État de la Justice. 24 familles y sont logées légalement.

Pour les victimes, les conséquences sont souvent dramatiques : perte de logement, conflits sociaux, et recours judiciaires interminables. Beaucoup dénoncent également un manque de coordination entre les services de l’urbanisme, du cadastre et de la justice.

L’intervention conjointe des ministres de la Justice et de l’Urbanisme est perçue comme un signal fort. Elle pourrait marquer le début d’une offensive plus large contre les abus dans la gestion foncière en République démocratique du Congo. Toutefois, des observateurs estiment que la répression seule ne suffira pas. Une réforme structurelle du système foncier et judiciaire reste nécessaire pour garantir la sécurité des titres et un logement sécurisé.

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Jeudi 19 mars 2026 - 19:55