Par Serge Mavungu
La Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, a réuni, ce jeudi 9 avril, l’ensemble des acteurs humanitaires pour la première session 2026 du Cadre national de concertation humanitaire (CNCH), au salon rouge de l’Hôtel du Gouvernement. Face à une crise qu’elle qualifie de « d’une gravité particulière », la Cheffe de l’Exécutif a exigé une refonte du CNCH pour gagner en efficacité et en rapidité sur le terrain.
Devant les ministres concernés, la société civile, le PNUD et plusieurs partenaires techniques, Judith Suminwa a d’abord rappelé l’ampleur des défis : déplacements massifs de populations, services sociaux de base sous tension, accès difficile à l’eau, aux soins et à l’école dans plusieurs provinces.
« Au-delà des chiffres, il y a une réalité choquante : des familles déracinées, des communautés fragilisées, des enfants privés d’école et des territoires soumis à la contrainte de l’insécurité », a martelé la Première Ministre.
Pour y répondre, la Cheffe du Gouvernement souhaite transformer le CNCH en véritable organe stratégique. Elle a donné des orientations fermes : meilleure coordination entre acteurs, clarification des rôles de chacun et respect strict des mandats. L’enjeu, selon Judith Suminwa, est double : garantir une aide « rapide, sûre et sans entrave » et amorcer la transition de l’urgence vers la stabilisation. Elle a également mis l’accent sur la sécurité des équipes humanitaires, condition non négociable pour maintenir les opérations.
La ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaïba, a abondé dans le même sens. Elle attend de cette session « des recommandations réalistes et immédiatement actionnables », alignées sur les besoins des populations et la souveraineté nationale.
Trois priorités ont dominé les échanges : assurer la continuité des services essentiels même dans les zones en crise, lever les blocages administratifs et fiscaux qui ralentissent l’action humanitaire [taxes, dédouanement, immigration, enregistrement] et renforcer le dialogue avec les pays voisins, surtout à l’Est, pour fluidifier l’accès des opérateurs.
Créé en 2013 par décret présidentiel, le CNCH a pour mandat de fluidifier l’information entre acteurs, d’améliorer l’impact des interventions et de faciliter la transition entre l’humanitaire et le développement. La réunion de ce jeudi vise à redynamiser cet outil dans un contexte de crises multiples qui touchent des millions de Congolais.
Le ministère de l’Intérieur, la société civile congolaise, le PNUD et plusieurs autres partenaires ont pris part aux travaux. Pour Judith Suminwa, le cap est clair : « des résultats concrets » et une réponse collective mieux structurée.