Par Patrick Kitoko
En prélude à la rentrée parlementaire de septembre, principalement consacrée à l’examen du budget, le Vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, poursuit ses consultations ciblées avec les ministres sectoriels. Cette initiative vise à affiner les prévisions budgétaires de chaque secteur avant l'arbitrage de la cheffe du gouvernement, Judith Suminwa Tuluka, dans le cadre de l'élaboration du projet de loi de finances 2026.
Ce mercredi 3 septembre 2025, pour le deuxième jour de cet exercice républicain, c’est la ministre d'État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, qui a ouvert le bal en échangeant avec le vice-ministre du Budget, Elysée Bokumwana, pour discuter des lignes de crédit allouées à son secteur.
À l'issue de la réunion entre les experts des ministères des Affaires étrangères et du Budget, présidée par le vice-ministre Elysée Bokumwana, la cheffe de la diplomatie congolaise s’est dite satisfaite d’avoir défendu les priorités de son ministère :
“ Nous avons eu une rencontre fructueuse avec Son Excellence, M. le vice-ministre du Budget, ainsi que de nombreux cadres du ministère, pour nous pencher sur la question du budget 2026 et sur les projections du ministère des Affaires étrangères, afin de les harmoniser avec les réalités et contraintes budgétaires auxquelles la République démocratique du Congo est confrontée. Nous avons défendu les priorités de la diplomatie, notamment en cette période critique que traverse notre pays, en vue des échéances majeures de 2026, y compris l’entrée de la RDC au Conseil de sécurité ”, a déclaré Thérèse Kayikwamba.
L’exercice s’est poursuivi avec la ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Yolande Elebe. La cheffe de ce département s’est dite confiante quant à la prise en compte des ambitions de son ministère, afin que le secteur culturel devienne un véritable moteur de développement.
“ Nous avons eu l'occasion de présenter nos ambitions pour la culture, et de souligner que le budget doit nous accompagner dans cette démarche. Ce fut une discussion très enrichissante, je crois, des deux côtés. Nos experts poursuivront le travail pour que le budget alloué à la culture permette non seulement de réaliser le programme d’action du gouvernement, mais aussi d’assurer le rayonnement que mérite ce secteur. Nous visons une diplomatie culturelle forte, et souhaitons faire de la culture un levier de développement socio-économique pour notre pays ”, a-t-elle indiqué.
Du côté de la Défense, Eliezer Tambwe, ministre délégué en charge des Anciens combattants, a exprimé sa détermination à améliorer les conditions de vie des anciens militaires et des troupes, conformément à la mission que lui a confiée le Président de la République, commandant suprême des Armées. Selon lui, le budget doit contribuer à bâtir une armée forte et digne de la RDC :
“ Nous devons œuvrer pour que ceux qui se battent pour notre pays puissent bénéficier des conditions adéquates. Personne ne peut être à l’aise dans un contexte d’insécurité. Pour assurer notre sécurité, il faut prendre soin de ceux qui la garantissent. C’est pourquoi nous restons fidèles à la vision que nous a donnée le Chef de l’État. Nous travaillerons pour que notre Armée devienne celle dont nous avons toujours rêvé ”, a affirmé Eliezer Tambwe à l’issue de sa rencontre avec le vice-ministre du Budget.
Les discussions menées à la Vice-Primature du Budget s’inscrivent dans un exercice d’équilibre délicat entre les besoins de chaque secteur. Le Vice-Premier ministre en charge de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a quant à lui axé son plaidoyer sur la nécessité de financer des structures nouvellement créées dans son domaine.
“ Au sein du ministère de l’Économie, deux structures viennent d’être créées ou recréées par décrets de Madame la Première ministre : le Fonds de régulation économique et la Commission de la concurrence. Ces entités doivent démarrer leurs activités en 2026. En tant que ministre de tutelle, je me suis battu pour qu’elles soient correctement budgétisées ”, a-t-il déclaré brièvement.
Pour sa part, le ministre du Développement rural, Grégoire Mutshayil, a plaidé pour un renforcement des crédits destinés aux zones rurales, afin d’y offrir des services de base et ainsi freiner l’exode rural.
“ Aujourd’hui, la jeunesse congolaise aspire à vivre en ville. Il y a un exode rural important. C’est pourquoi nous sommes venus négocier une hausse des crédits pour des activités pouvant améliorer la vie en milieu rural : accès à une eau de qualité, amélioration des routes de desserte agricole, et définition du type d’infrastructures à privilégier ”, a-t-il précisé.
Ce programme de développement ambitieux passe nécessairement par une planification budgétaire cohérente.
Le ministre de la Pêche et de l’Élevage, Jean-Pierre Tshimanga, s’est pour sa part déclaré satisfait des crédits prévus pour son secteur. Il a toutefois souligné la nécessité d’adapter les ambitions aux contraintes de l’État.
“ Le budget qui nous a été présenté est satisfaisant. Il faut garder à l’esprit que nous sommes en temps de guerre, et qu’il ne faut pas formuler des demandes excessives. Ce qui nous a été proposé suffit. Le travail se poursuivra entre experts pour procéder à des arbitrages, afin que les besoins exprimés lors de la conférence budgétaire soient pris en compte ”, a-t-il conclu.
Les consultations se poursuivent. Les ministres sectoriels défilent les uns après les autres pour défendre les crédits alloués à leurs portefeuilles respectifs. À travers cette démarche, Adolphe Muzito renforce la coordination entre la Vice-Primature du Budget et les autres ministères, tout en plaçant l’efficacité de la dépense publique au cœur du processus budgétaire.