Par Gloire Balolage
Le Directoire du parti politique Ensemble pour la République, dirigé par l’opposant Moïse Katumbi, a exprimé sa vive inquiétude à la suite des propos tenus récemment par le porte-parole des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) à l’encontre de la communauté Tutsi.
Dans un contexte national marqué par de graves tensions sécuritaires, sociales et régionales, le Directoire rappelle que chaque mot prononcé par un représentant de l’État, notamment un responsable militaire, doit être porté par un sens aigu des responsabilités et le respect des principes républicains. Or, selon cette formation politique, ce ne fut pas le cas.
Dans une déclaration publiée ce lundi, ensemble pour la République insiste sur la base richesse et la pluralité de la République démocratique du Congo, une nation diverse sur les plans humain, culturel et historique. Cette diversité, souligne le Directoire du parti politique cher à Moïse Katumbl constitue une force et non une menace. « Aucun Congolais aucun ne devrait se sentir stigmatisé ou menacé en raison de son origine, de son appartenance communautaire, de sa religion ou de son identité », a-t-il affirmé.
Ensemble pour la République manifeste son soutien particulier aux Congolais qui, face à ces propos, peuvent ressentir inquiétude, douleur ou rejet. Il leur rappelle fermement que leur place dans la nation congolaise est « non négociable » et qu’ils sont « Congolais à part entière ».
L’État, poursuit la déclaration, a pour devoir essentiel de protéger, rassurer et rassembler tous ses citoyens, sans jamais diviser ni désigner de boucs émissaires. Les forces de défense doivent incarner une neutralité républicaine stricte, avec discipline et respect envers chaque citoyen, sans aucune distinction. Lorsqu’un responsable militaire tient un discours de stigmatisation, c’est la cohésion même de la nation qui est menacée.
Le Directoire de l'Ensemble pour la République prend acte de la suspension administrative du porte-parole incriminé, mais juge cette mesure insuffisante au regard de la gravité des faits.
Il appelle à ce que la justice soit saisie en toute indépendance et mène une enquête approfondie. Selon Ensemble pour la République, les propos doivent être examinés selon les lois réprimant le racisme, l’ethnicisme et les discours de haine, et les sanctions disciplinaires et pénales doivent être appliquées conformément au droit.
Pour le Directoire, aucune institution ne peut prétendre défendre la Nation en tolérant en son sein des paroles qui fragilisent l’unité nationale. La paix durable et la cohésion exigent un langage d’unité, d’inclusion et de dignité, rejetant clairement tout discours alimentant la peur ou la haine. L’histoire a douloureusement montré les conséquences des discours ethnicistes, un chemin à ne jamais emprunter.
Le Directoire d’Ensemble pour la République réaffirme ainsi son engagement à soutenir tous les Congolais, sans exception, unis dans la diversité, considérée comme une richesse et une force fondamentale pour la République.