Par Denise Kyalwahi
La situation humanitaire et sécuritaire reste préoccupante dans les Hauts et Moyens Plateaux du territoire de Fizi, au Sud-Kivu, où la reprise des affrontements entre les parties au conflit affecte fortement les populations civiles.
Dans une déclaration publiée le 14 septembre, la société civile du Sud-Kivu, bureau de coordination de Fizi, rapporte des combats impliquant les FARDC, des combattants burundais et les Wazalendo, d'une part, et l'AFC/M23-Twirwaneho, d'autre part.
Selon cette structure citoyenne, les violences perturbent les activités socio-économiques et culturelles dans plusieurs localités, notamment Kanguli, Nakihele, Kilumbi, Point-Zéro, Rugezi, Minembwe et Mukoko. Des bombardements auraient notamment empêché une rentrée scolaire normale dans certains villages. Des activités médicales sont également suspendues dans plusieurs zones, tandis que certaines organisations humanitaires ont cessé leurs interventions en raison de l'insécurité.
La société civile fait état de 41 952 personnes déplacées, soit 8 618 ménages, confrontés à des conditions de grande vulnérabilité et à un accès limité à la nourriture, à l'eau potable et aux soins de santé.
Le mécanisme de suivi du cessez-le-feu jugé insuffisant
La société civile de Fizi salue l'opérationnalisation du mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu par la MONUSCO et ses membres. Elle estime toutefois que ce dispositif n'a pas permis de répondre efficacement à la dégradation persistante de la situation dans les Hauts et Moyens Plateaux.
Elle appelle les autorités et la communauté internationale à renforcer la protection des civils et à répondre aux besoins urgents des populations déplacées et affectées par les violences.
La structure demande également à la Commission des droits de l'homme des Nations unies de documenter les violations présumées des droits humains et du droit international humanitaire afin de contribuer à l'établissement des responsabilités en cas de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité.
Enfin, la société civile de Fizi appelle toutes les parties au conflit à respecter les engagements et instruments juridiques déjà signés en faveur d'un règlement pacifique de la crise dans l'Est de la République démocratique du Congo.