Nord-Kivu : l’ONG MWANAMKE ANAWEZA accuse le M23 de confisquer les dépouilles des victimes et de les transformer en outil de propagande

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Les rebelles du M23 [photo d'illustration]
Les rebelles du M23 [photo d'illustration]

Par la Rédaction 

L’organisation de défense des droits humains MWANAMKE ANAWEZA a condamné avec une indignation profonde « l’acte ignoble » perpétré le 8 janvier 2026 par des éléments du groupe rebelle M23, accusés d’avoir envahi l’hôpital général de référence de Masisi. Selon le communiqué publié, ces combattants auraient confisqué les corps des victimes du bombardement survenu le 2 janvier 2026.

Pour l’organisation, il s’agit d’une profanation inqualifiable et d’une violation grave du droit international humanitaire. Elle estime que cet acte porte atteinte à la dignité humaine et à la douleur des familles endeuillées. En s’arrogeant le droit de disposer des dépouilles humaines « comme de simples objets de propagande ou d’intimidation », le M23 démontre, selon MWANAMKE ANAWEZA, « son mépris total pour les principes les plus élémentaires de l’humanité ».

Le communiqué rappelle également que les enfants de Masisi ne sont pas des ombres anonymes dans un conflit oublié, mais des porteurs d’espoir et de résilience. Chaque enfant arraché à la vie ou privé d’une sépulture digne représente « une blessure ouverte dans la conscience collective » de la nation. En empêchant les familles de rendre hommage à leurs proches, le M23 « piétine l’âme même de Masisi », souligne l’organisation, qui dit refuser de se taire face à cette barbarie.

MWANAMKE ANAWEZA cite les noms de quelques victimes déjà identifiées, notamment Muhindo Kiyana Dume et Muny Arugendo, tout en précisant que la fouille se poursuit pour identifier d’autres personnes touchées. Pour l’organisation, garder vivante la mémoire de ces enfants est un acte de justice et de résistance, afin qu’ils ne soient « jamais oubliés ».

Dans sa déclaration, l’organisation dénonce avec fermeté la militarisation des structures sanitaires, l’instrumentalisation des corps des victimes à des fins politiques ou militaires, ainsi que le refus délibéré de laisser les familles exercer leur droit au deuil et à une inhumation digne. Ces pratiques, selon elle, renforcent un climat d’impunité et de terreur qui menace davantage les civils.

Enfin, MWANAMKE ANAWEZA formule plusieurs exigences, dont l’ouverture d’une enquête indépendante sous l’égide des Nations unies, la protection urgente des établissements de santé, et une mobilisation accrue de la communauté internationale pour mettre fin à l’impunité dont bénéficie le M23. 

L’organisation appelle les associations sœurs, les défenseurs des droits humains, les autorités religieuses et coutumières, ainsi que tous les citoyens épris de justice, à se lever contre ces actes, affirmant que « le silence face à l’horreur est une complicité » et que « la dignité humaine n’est pas négociable ».

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Vendredi 9 janvier 2026 - 09:26