Par Prosper Buhuru
Les conditions de détention à la prison centrale de Bunia, en province de l’Ituri, connaissent une amélioration notable grâce aux efforts conjoints du Gouvernement congolais et de ses partenaires, notamment la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Sur le plan sanitaire, les indicateurs témoignent d’une évolution significative. Selon le docteur Willy Mutro, responsable de l’infirmerie de l’établissement pénitentiaire, le nombre de décès enregistrés est passé d’environ trente par mois il y a deux ans à un seul cas de mort naturelle par mois actuellement. Dans le même temps, les consultations médicales quotidiennes ont fortement diminué, passant d’une cinquantaine à une quinzaine par jour.
Ces progrès sont le résultat d’interventions ciblées dans plusieurs domaines clés, notamment la santé, l’accès à l’eau potable, l’hygiène, l’assainissement et la réhabilitation des infrastructures. Malgré une surpopulation carcérale importante ; 2.172 détenus pour une capacité initiale de 500 places ; la prison dispose désormais d’une infirmerie équipée, de cellules séparées pour adultes et mineurs, ainsi que de sanitaires réhabilités.
La MONUSCO a joué un rôle central dans cette dynamique. Elle a notamment construit et réhabilité plusieurs infrastructures, fourni des médicaments essentiels et doté la prison d’une ambulance. Un quartier spécifique a également été aménagé pour les détenues femmes, avec des lits et des couvertures, tandis qu’une salle d’audiences a été construite pour faciliter l’organisation des audiences foraines et améliorer l’accès à la justice.
De son côté, le CICR a renforcé l’approvisionnement en eau potable au sein de la prison, contribuant ainsi à une meilleure hygiène et à la réduction des maladies dermatologiques. Le Gouvernement congolais continue, quant à lui, d’apporter un appui financier pour la prise en charge alimentaire des détenus.
Le directeur de la prison centrale de Bunia, le colonel Camille Nzonzi, salue ces avancées. Il souligne notamment la mise à disposition d’une ambulance, la construction d’un quartier pour les détenues femmes et l’existence d’un pavillon spécial pour les détenus malades à l’hôpital général de Bunia. Il relève également la construction de murs de clôture, de salles d’audience et d’hospitalisation, ainsi que l’installation de caméras de surveillance, des mesures qui ont permis de mettre un terme aux évasions autrefois fréquentes.
Malgré ces progrès, des défis majeurs subsistent. La surpopulation carcérale, avec un taux d’occupation estimé à près de 400 %, et l’insuffisance de la ration alimentaire demeurent des préoccupations importantes. Néanmoins, les actions menées ces dernières années ont permis de sauver des vies et d’améliorer sensiblement les conditions de détention dans cette maison carcérale de l’Ituri.