RDC : 1 534 victimes de violences sexuelles en 2025, le BCNUDH alerte sur l’esclavage sexuel et la stigmatisation des enfants nés du viol

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Une survivante de violences sexuelles dans l'est de la République démocratique du Congo [📷 Vincent Tremeau de l’UNICEF]
Une survivante de violences sexuelles dans l'est de la République démocratique du Congo [📷 Vincent Tremeau de l’UNICEF]

Par Prosper Buhuru

Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur persistante des violences sexuelles liées au conflit en République démocratique du Congo, dénonçant notamment l’utilisation du viol comme arme de guerre et la situation dramatique des enfants nés de ces violences.

Dans un communiqué rendu public, ce 08 mars 2026, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’agence onusienne dresse un bilan particulièrement préoccupant pour l’année 2025. Au total, 887 cas de violences sexuelles ont été documentés, affectant 1 534 victimes. La grande majorité des survivantes sont des femmes et des filles, avec respectivement 854 femmes et 672 filles recensées.

Selon le BCNUDH, l’est du pays demeure l’épicentre de cette tragédie humaine. Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu concentrent à elles seules près de 80 % des victimes documentées, illustrant la persistance des violences dans les zones marquées par les conflits armés.

Le communiqué souligne également la responsabilité prédominante des groupes armés dans ces crimes. Ceux-ci seraient impliqués dans 75 % des cas recensés. Le Mouvement du 23 mars figure en tête avec 439 victimes enregistrées, suivi de groupes Wazalendo, de la Coopérative de développement du Congo (CODECO), de divers groupes Maï-Maï, des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des Forces démocratiques alliées (ADF). Le BCNUDH relève, par ailleurs, que des acteurs étatiques, notamment les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), la Police nationale congolaise (PNC) et l’Agence nationale de renseignements (ANR), sont impliqués dans environ 19 % des cas documentés.

Au-delà des statistiques, le Bureau onusien met en lumière des crimes d’une extrême gravité. Des femmes et des filles sont maintenues en captivité prolongée et soumises à des viols répétés, dans des situations assimilées à de l’esclavage sexuel, avec des grossesses forcées.

Le rapport attire également l’attention sur le sort des enfants nés de ces violences. Souvent rejetés par leur famille ou leur communauté, ces enfants se retrouvent sans enregistrement à l’état civil et exposés à un risque accru de marginalisation, voire de recrutement par des groupes armés.

En matière de prise en charge, le BCNUDH note un écart préoccupant entre les besoins et les réponses apportées. Si environ 70 % des victimes parviennent à accéder à des soins médicaux d’urgence, moins de 2 % bénéficient d’une prise en charge complète incluant un accompagnement juridique, psychologique et social.

Face à cette situation, l’organisme onusien appelle à une action urgente. Il exhorte les autorités congolaises à accélérer les poursuites judiciaires contre les auteurs de ces crimes et à garantir l’enregistrement systématique à l’état civil de tous les enfants nés du viol, afin de briser le cycle de l’exclusion.

Le BCNUDH demande également aux groupes armés de cesser immédiatement les hostilités, de libérer sans condition les femmes et les filles retenues en captivité et de mettre fin aux pratiques d’esclavage sexuel.

Enfin, la communauté internationale est invitée à renforcer son soutien financier, afin d’assurer une prise en charge durable et complète des survivantes, au-delà de la seule réponse médicale d’urgence.

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Dimanche 8 mars 2026 - 20:58