Par la Rédaction
La Conscience féminine pour les droits et le développement (CFDD-RDC ASBL) a exprimé sa vive préoccupation face à la multiplication des arrestations et détentions arbitraires visant des agents humanitaires en territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu. Dans une déclaration de presse rendue publique vendredi, cette organisation de défense des droits humains dénonce également l’aggravation des exécutions sommaires de civils dans plusieurs localités de ce territoire confronté à une insécurité persistante.
Selon la CFDD-RDC, plusieurs agents humanitaires ont récemment été arrêtés puis transférés dans des lieux de détention non officiellement reconnus. L’organisation cite notamment le cas de Kitsa Ndaalira, connu sous le surnom de KLZB, arrêté le 28 mars 2026, ainsi que ceux de Jérôme Maheshe et Rodrigue Bukanga, tous deux interpellés le 3 juin 2026. Ces arrestations suscitent de nombreuses inquiétudes au sein des familles des concernés et de la communauté locale.
Cette structure indique que les trois personnes arrêtées font partie des équipes locales de l’organisation humanitaire Médecins sans frontières. Elles auraient été appréhendées dans la commune rurale de Masisi avant d’être conduites à Goma, où elles seraient détenues dans des cachots secrets. D’après la CFDD-RDC, leurs proches ne sont pas autorisés à leur rendre visite, une situation qui alimente les préoccupations concernant leur état de santé et leur sécurité.
L’organisation rappelle par ailleurs que ces cas ne sont pas isolés. Elle souligne qu’au mois de mars dernier, d’autres acteurs humanitaires avaient déjà été victimes de pratiques similaires sur l’axe Mweso-Kashuga. Ces incidents auraient été accompagnés d’actes de torture et d’autres traitements jugés inhumains, renforçant ainsi le climat de peur qui règne dans cette partie du Nord-Kivu.
Au-delà de la situation des travailleurs humanitaires, la CFDD-RDC attire également l’attention sur de nouvelles violences ayant coûté la vie à plusieurs civils. Dans la soirée du mardi 9 juin 2026, huit personnes, parmi lesquelles une femme âgée habitant le village Kasho, auraient été sommairement exécutées à Bukombo, dans le groupement de Bihiri, secteur d’Osso Banyungu. Les faits sont attribués aux rebelles du M23/AFC-RDF.
D’après les informations relayées par l’organisation, les victimes, majoritairement des usagers de la route, auraient été arrêtées puis regroupées avant d’être conduites vers une position militaire à Bukombo. C’est à cet endroit qu’elles auraient été assassinées. La CFDD-RDC affirme également que les corps des victimes n’avaient toujours pas été enterrés au moment de la publication de sa déclaration.
Face à cette situation, la CFDD-RDC lance un appel à l’implication des instances internationales compétentes ainsi qu’aux partenaires de la République démocratique du Congo. L’organisation réclame la libération sans condition des personnes détenues, la cessation des violations des droits fondamentaux et l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités dans les crimes dénoncés.
Elle plaide enfin pour que justice et réparation soient accordées aux victimes et que des mesures efficaces soient prises pour empêcher la répétition de tels actes.