Tribune de Joël-David Kitsita
La commande publique n’est pas simplement un mécanisme administratif, mais un véritable instrument de transformation structurelle.
Dans un contexte comme celui de la République Démocratique du Congo, où l’investissement public joue un rôle moteur dans la dynamique économique, la performance du système des marchés publics conditionne directement la qualité de la gouvernance, la crédibilité institutionnelle et l’impact réel des politiques publiques.
Réformer les marchés publics ne signifie pas uniquement renforcer la conformité réglementaire. Il s’agit d’opérer une mutation profonde vers :
• une gouvernance axée sur la performance et les résultats ;
• une digitalisation intégrale et interopérable des processus ;
• une responsabilisation accrue des acteurs à chaque maillon de la chaîne ;
• une culture de la transparence fondée sur les données et la traçabilité ;
• une évaluation systématique de la valeur ajoutée générée par la dépense publique.
Le leadership institutionnel est ici déterminant. Sans vision stratégique, sans pilotage par les indicateurs et sans volonté politique affirmée, les réformes restent formelles et produisent peu d’impact.
Moderniser la commande publique, c’est renforcer la confiance des opérateurs économiques, sécuriser l’environnement des affaires et optimiser l’allocation des ressources rares. C’est surtout faire des marchés publics un véritable levier de développement durable et de transformation économique.
L’enjeu dépasse la technique : il s’agit d’un choix de gouvernance.
KITSITA MANATA.S. Joël-David.
Expert en commande publique et en gestion des projets.